C'est toujours comme ça quand on veut parler du pétrole: on n'arrive pas, finalement, à se faire un avis définitif sur ce qui se passe, exactement, sur les marchés mondiaux. D'abord, parce qu'ils bougent tout le temps, mais c'est l'essence même (sans jeu de mot) des marchés. Hier, dans la journée, la tendance était clairement "à la hausse": on a touché les 120 dollars le baril, à Londres. Et ça a réveillé les pires craintes. Mais, dans la soirée, New York terminait, finalement, en baisse. Et les cours du brut reculent, également, ce matin, en Asie. Mais surtout, parler "pétrole", c'est toujours très compliqué parce qu'on ne sait jamais véritablement évaluer l'importance de la spéculation sur l'évolution des cours du baril. Qu'est ce qui relève de l'exagération, du fantasme, voire de la manipulation? Qu'est-ce qui, à l'inverse, peut légitimement, expliquer et valider une augmentation des prix? Avec la crise libyenne, on n'évite pas l'écueil. L'arrêt de la production, en Libye, même partiel, est évidemment un problème. Et notamment pour l'Europe, son principal client. L'Allemagne, la France mais surtout l'Italie. On a donc raison de s'inquièter: l'équilibre offre et demande est, bel et bien, perturbé. Sauf que la Libye n'est pas pas "vitale" pour la sécurité énergétique. Elle ne représente que 2,2% du brut mondial d'aujourd'hui. Et puis, l'OPEP a clairement fait savoir qu'elle interviendrait, en cas de véritables difficultés. L'Arabie Saoudite, également. L'AIE, l'Agence Internationale de l'Energie, a aussi fait savoir qu'elle pourrait, en cas de problèmes, autoriser qu'on pioche dans les stocks stratégiques des pays de l'OCDE. Bref, les solutions existent alors pourquoi un tel bond"des cours du brut, en quelques jours?. C'est là où on entre dans des explications -comment dire?- moins factuelles, moins "palpables". C'est plus, nous dit-on, la peur d'une "contagion" qui explique, en fait, l'augmentation des cours. "Le monde ne pourrait pas absorber la défection d'un autre pays producteur de la taille de la Libye" explique un expert. L'Algérie, par exemple. D'autres s'amusent à se faire peur, en évoquant le cas de l'Arabie saoudite: "Bahrein n'est pas si loin de ses raffineries saoudiennes", disent-ils. On trouve, toujours, de bonnes raisons d'être inquiets. Boeing remporte le contrats des avions ravitailleurs de l'armée américaine. Sauf nouveau rebondissement évidemment, et on sait qu'il y en a eu beaucoup dans cette affaire. Hier soir, le Pentagone a dévoilé son choix, au terme -jure le Ministère américain de la défense- d'un processus "équitable, ouvert et transparent": ce sera, donc Boeing qui va construire 179 avions ravitailleurs. Un contrat évalué à plus de 30 milliards de dollars. EADS, maison-mère d'Airbus, se dit "déçue et inquiète", sans préciser si elle entend faire appel de cette décision. Le chômage en France. En baisse, dans la catégorie officielle mais stable globalement si on compte les chômeurs, inscrits à Pôle Emploi, qui ont une activité réduite. ADP... boutiques. Les résultats financiers d'ADP, Aéroports de Paris. Ils ont été publiés, hier soir et devraient conforter ceux qui en décembre -en pleine pagaille provoquée par la neige- dénonçaient une société aéroportuaire trop tournée vers le commerce. ADP dégage, en 2010, 300 millions de bénéfices, grâce à l'activité de ses boutiques.

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