C'était vendredi, à Bercy, au ministère de l'Economie et des Finances. Pierre Moscovici répondait aux questions des journalistes, à occasion d'une conférence de presse organisée en réponse aux prévisions de croissance et de déficit, publiées quelques heures plus tôt, à Bruxelles. Un choc: tout doit être repoussé à plus tard, si on en croit la Commission: le retour de la croissance, la réduction des déficits, l'inversion de la courbe du chômage. Le ministre de l'Economie annonce, lui, que l'objectif de ramener le déficit sous les 3% du PIB est renvoyé à fin 2014. C'est un journaliste allemand qui, alors, met les pieds dans le plat: "pourquoi donc, reporter à l'année prochaine des efforts qui sont inéluctables, et ce, alors même que la situation sociale devrait se dégrader, avec un chômage que Bruxelles voit encore grimper, l'année prochaine en France?". Pierre Moscovici ne répondra pas précisément à la question, une belle esquive ("je n'ai pas la même lecture que vous de que dit la Commission européenne" dit le ministre). Mais, l'un de ses conseillers s'en chargera, quand même un peu plus tard: "avec une croissance à 0,1%, cette année, et annoncée à 1,2%, en 2014, il est logique d'attendre. Les efforts à faire seront moins douloureux dans un contexte de croissance retrouvée". Ils seront plus importants, cela dit, mais là encore, le ministre, au micro, et son équipe, en off, minimisent. "La Commission n'a pas pris en compte, et c'est normal, à ce stade des échanges avec elle, les mesures d'économies envisagées, en 2014". C'est le cas du Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi. Bruxelles enregistre son coût budgétaire total sans valider les économies envisagées pour en financer une partie. D'où un déficit alourdi. A Bercy, on refait les comptes: aux 3,9% de déficit annoncé par Bruxelles pour 2014, on retranche 0,6% de mesures déjà prises, et non encore comptabilisées. Ce qui nous ramène à 3,3% de déficit. Et qui chiffre, au final, et quelques retranchements plus tard, l'effort supplémentaire à 10 milliards d'euros d'économies. Qu'on se comprenne bien: 10 millirads, en plus de tous ceux déjà annoncés ou envisagés, et qui font grincer beaucoup de dents, y compris au sein du gouvernement. Pour beaucoup, la conclusion de ce calcul compliqué est simple: le gouvernement n'y arrivera pas sans augmenter les impôts en 2014!

La frite. On commence avec McDo qui va passer aux frites 100% françaises. C'est un joli coup de pub pour la chaîne de restauration... mais c'est aussi une bonne affaire pour les producteurs français. La filiale française de Mc Donald's va signer, aujourd'hui, au Salon de l'Agriculture, un contrat avec la filière française de pommes de terre pour qu'à la fin de l'année, 100% des frites vendus chez McDo soient d'origine française. 100 nouveaux contrats d'approvisionnement vont, du coup, devoir être signés avec les producteurs français. 4 mille hectares supplémentaires de patates devront être plantés.De la friture. Selon BFM Business, Numéricable s'apprête à faire une offre pour racheter la totalité de SFR, aujourd'hui filiale de Vivendi. Depuis l'automne, les 2 groupes réfléchissaient à l'idée de fusionner, mais les négociations piétinent semble-t-il, Numéricable envisagerait, du coup, (avec des partenaires), de racheter SFR.

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