Bruce de Galzain.

C'est le motif officiel avancé par la Commission européenne : elle ne souhaite pas interférer avec le dossier grec cette semaine, elle renvoie donc sa décision sur le cas de la France à lundi prochain au lieu de vendredi ! Officiellement donc, c'est lundi que Bruxelles sanctionnera Paris ou bien au contraire lui accordera un délai pour atteindre un déficit à 3% du PIB... Un délai qui pourrait même aller au-delà de ce à quoi l'on s'attendait non pas 2017 mais 2018 pour éviter cette fois-ci d'interférer avec l'élection présidentielle. Beaucoup d'interférences donc dans ce dossier ô combien sensible mais qui, à chaque fois, se solde par la clémence de Bruxelles !

Même sous Jacques Chirac, la France n'a pas tenu ses objectifs budgétaires et depuis, elle a obtenu plusieurs délais. Nicolas Sarkozy d'abord, François Hollande ensuite et peut-être donc un nouveau délai encore une fois. Et là c'est Pierre Moscovici qui endosse le rôle du parfait commissaire européen, il insiste sur les réformes que la France doit engager, il menace de sanctions mais ajoute que la sanction est un échec. Et Bruxelles ne veut pas échouer ! En fait à chaque fois que la date d'une éventuelle sanction se rapproche, on fait monter la pression. Et après Pierre Moscovici cette semaine, c'est comme d'habitude du côté de l'Allemagne que l'on entend montrer la voix du plus fort, le commissaire Oettinger estime que la crédibilité du Pacte de stabilité est en jeu à cause de la France.

Il y a un vrai débat au sein de la Commission avec ceux qui veulent sanctionner (les petits pays notamment qui estiment faire des efforts) et d'autres qui s'inquiètent plutôt de la situation économique et de la montée des extrêmes comme le FN. Mais ce jeu de rôle permet aussi à la France de se réformer. Elle communique régulièrement auprès de Bruxelles sur le 49.3 de la loi Macron qui a montré sa volonté réformatrice, sur la future loi Rebsamen sur le travail, sur une éventuelle renégociation de la convention chômage, sur un peu plus de flexibilité sur le marché du travail ! L'exemple grec vient d'ailleurs de prouver qu'au bout du compte Bruxelles s'y retrouve. La Grèce comme la France donnent toujours des gages. Alors cette fois-ci on peut encore envisager un nouveau délai, il sera au cœur de la réunion du collège des commissaires européens aujourd'hui... une source européenne se demande donc si cette décision tant attendue pourra rester secrète jusqu'à lundi !

La CFDT met sous tutelle l'un de ses syndicats. Le syndicat du commerce d'Ile-de-France féroce opposant à la loi Macron et à l'ouverture des grands magasins le dimanche. Selon le Canard Enchainé ce matin, la CFDT retire ainsi une terrible épine du pied d'Emmanuel Macron. La Confédération s'en défend et explique que ce syndicat est mis sous tutelle pour des questions de gestion de cotisations et de fonctionnement interne.

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