br> C'est un confrère allemand qui posé la question, hier, lors de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy, à l'Elysée. Le Président de la République venait d'expliquer, longuement, son programme pour la présidence française du G8/G20. Et on notait, déjà, le léger infléchissement de ses priorités. Le Chef de l'Etat apparaissait un peu moins offensif qu'avant, sur la question des monnaies (son "nouveau Bretton Woods"), mais en revanche "très remonté" et mobilisé sur le dossier les matières premières. Avec en ligne de mire: les spéculateurs, ceux qui destabilisent, selon lui, le marché du pétrole et celui des matières premières agricoles. Sa crainte aujourd'hui, a-t-il répété (et alors que les cours sont, à nouveau, au plus haut) c'est le retour des "émeutes de faim", comme celles de 2008. "La spéculation nourrit la pénurie et la pénurie nourrit la spéculation" dira le Chef de l'Etat, qui propose de "mieux encadrer ces marchés". C'est alors qu'arrive la question de notre confrère allemand: "que pensez-vous, du coup, Monsieur le Président, de ce rapport que s'apprête à rendre public la Commission européenne et qui dit presque exactement le contraire de vous. A savoir que "la spéculation n'explique pas l'augmentation des prix, au niveau mondial?". Nicolas Sarkozy est nullement destabilisé. Et la réponse fuse -ironique et définitive-: "je recommande de la publier le 1er avril. Elle sera alors en situation". Des oreilles, à Bruxelles, ont dû immédiatement et fortement siffler, parce qu'évidemment, ce projet de rapport sur le marché des matière premières existe bel et bien. Et il semble effectivement que Paris s'agace, depuis quelques temps, de ses conclusions. Le rapport explique qu'il est effectivement difficile aujourd'hui d'établir un lien direct entre la spéculation et le cours des matières premières: les "fondamentaux du marché", c'est-à-dire le niveau de l'offre et de la demande pèsent bien plus! L'état des stocks, les sécheresses, les innondations : ce sont des phénomènes qui comptent beaucoup et qui n'ont rien à voir avec le marché des produits dérivés ! Beaucoup de spécialistes de ces marchés le pensent, le disent, admettent, en tout cas, qu'il y a débat. L'un d'entre eux m'a raconté même être allé, tout récemment, l'expliquer à un Conseiller, à l'Elysée. Qui n'a pas franchement contesté cette vision. Un rapport officiel, remis, ces derniers jours au gouvernerment (celui du Conseil d'Analyse Stratégique) pointe également les incertitudes sur ce lien -franc, direct et massif- entre spéculation et cours des matières premières. Peu importe. Après la petite phrase assassine de Nicolas Sarkozy hier, la Commission européenne -sans doute, pour désamorcer ce début de polémique- a préférer reporter, finalement, la publication de son rapport. 205 millions de chômeurs exactement, en 2010: c'est l'estimation publiée hier par le BIT, le Bureau International du Travail. Ca donne un taux de chômage mondial de 6,2%, un niveau élevé malgré la reprise économique. Cette année (2011) ne devrait pas voir d'amélioration significative concernant l'emploi, notamment dans les pays développés, les "vieilles économies", qui ont vu leur chômage progresser fortement ces deux dernières années. Pour le BIT, le problème n°1 reste le chômage des jeunes. On peut rappeler que la "révolution tunisienne" est partie d'eux. L'organisme international souligne, en tout cas, le nombre croissant de 15/24 ans qui, découragés, abandonnent leurs recherches d'emploi. Le commerce électronique: toujours plus! Les Français ont dépensé 31 milliards d'euros en ligne, l'année dernière. En progression de 24%. Désormais, plus d'un Français sur 2 achète sur internet.

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