En direct de Davos.

Ça a commencé, à peine arrivé. Dans la navette qui conduit les nouveaux arrivants au Centre des Congrès de Davos. Un Danois engage la conversation. Quelques secondes plus tard, il est déjà en train de vous décrire son business (en l'occurrence, de la "chimie propre", si j'ai bien compris). Une minute plus tard, il vous tend sa carte de visite. Vous donnez la vôtre, évidemment. Et sitôt descendu du bus, vous recevez, illico, un mail vous invitant à une présentation de ladite entreprise, dans un hôtel de la station. C'est ça Davos: avant d'être un lieu de réflexion sur l'état du monde, c'est un lieu où les industriels, les patrons, tissent des liens, renforcent leurs réseaux, et font "des affaires".

Davos, il faut en être donc. Si possible invité, parce que sinon ça coûte très cher. Cette année, ici, on parle d'un millésime record. Non seulement pour l'enneigement dans la station (plus d'un mètre et demi de neige: ça pose quelques soucis logistiques), mais aussi et surtout pour le nombre de participants: 2600, au total. Dont 1600 chefs d'entreprise. Côté politique, le Forum annonce une quarantaine de chefs d'Etats et de gouvernements. En décembre, Klaus Schwab, le fondateur et Président du Forum, avait cru bon annoncer que tous les chefs de gouvernements européens seraient là. En pleine crise de la dette, c'était prometteur et vendeur. Finalement, l'objectif n'est pas atteint : il va en manquer à l'appel. Et notamment François Fillon, qui a finalement, décliné l'invitation. À Matignon, on parle d'un agenda trop chargé... "les consultations post-sommet social". Et puis, "mine de rien" lâche un conseiller du Premier ministre français, "on a une élection à préparer". Inutile de préciser qu'après deux prestations consécutives (2010 et 2011), Nicolas Sarkozy ne viendra pas. Lui non plus. On devra se contenter de François Baroin, de Bruno Lemaire (et encore, c'est à confirmer) et de Jean-François Copé, pour l'UMP. La Gauche française brillera, aussi, par son absence. Un organisateur affirme que François Hollande a été approché. Mais le candidat socialiste à la Présidentielle aurait décliné l'invitation.

Les patrons ont perdu le moral. Plus de 1200 grands patrons (patrons de multinationales), répartis dans une soixantaine de pays, ont été interrogés par le cabinet PriceWaterhouseCoopers. Il en ressort -et ce n'est pas véritablement une surprise- que les patrons ont perdu le moral. L'année dernière, à cette même date, ils étaient plus d'une moitié à penser que la situation économique allait s'améliorer. Cette année, ils ne sont que 15%. Cela dit, ils se montrent beaucoup plus optimistes pour l'avenir de leurs entreprises. En fait, ils s'estiment mieux préparés qu'en 2008. Et surtout, ils pensent qu'ils peuvent s'en sortir avec le dynamisme des pays émergents.

Risque. Ces grands patrons devraient, quand même, lire attentivement les nouvelles prévisions du FMI, publiées hier. Le Fonds Monétaire International annonce une récession en Europe (mais pas en France sur l'ensemble de 2012). Cette situation, estime le FMI, fait peser un risque sur la planète entière.

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