David Cameron est incontestablement l'une des vedettes du Forum de Davos. C'est un habitué, d'abord: c'est la septième fois qu'il vient ici. D'abord comme chef de l'opposition britannique, puis comme Premier ministre. Il connaît parfaitement les lieux : le Centre des Congrès évidemment, mais il n'est pas impossible, non plus, de le croiser, au restaurant, partageant une fondue avec son équipe. Si David Cameron a la côte ici c'est également parce qu'à la tribune, "sur scène" pourrait-on dire, il fait des merveilles. C'est le seul responsable politique, ici, qui prend le risque (le terme est un peu fort, dans une enceinte, ou, grosso modo, tout le monde pense pareil) c'est de prendre des questions de la salle, à la volée, dans une sorte de "stand up" très efficace, et, du coup, très apprécié. Enfin, David Cameron plaît, ici, à Davos, tout bêtement pour ce qu'il dit! Exemple, hier. Il n'est pas arrivé en position favorable. Son idée de référendum sur l'Europe déplaît aux patrons ("c'est ajouter de l'incertitude dans une période qui n'en a que trop", pensent les chefs d'entreprises). Et puis, dans son discours introductif, il a aussi fait la leçon aux grandes entreprises, celles qui pratiquent l'évasion fiscale. "Les entreprises doivent payer leur juste part d'impôts", a-t-il dit, combatif. Du coup, ça lui a valu cette question de la salle, très directe et très applaudie par quelques un. "Monsieur Cameron, vous vous présentez comme l'un des meilleurs "vendeurs" de la Grande-Bretagne, mais avec votre référendum et votre tirade sur les impôts, comment allez-vous attirer les investisseurs dans votre pays?". Sur l'Europe, la réponse de David Cameron a fusé: "je n'ajoute pas de l'incertitude, au contraire, je demande une clarification du projet européen. Ça devrait vous plaire. Et je plaide pour plus de compétitivité, et plus de libre-échange. Un peu plus tard dans la journée, Angela Merkel lui apportera son soutien sur ces thèmes. Sur les impôts ensuite, David Cameron a réussi, également, à retourner la salle en sa faveur. "Je reste un conservateur qui plaide pour la baisse des taxes. Mais il n'est pas normal que des entreprises utilisent tous les moyens à leur disposition pour échapper à l'impôt. Il fait alors une allusion à Starbucks, la chaîne de café, qui en Grande-Bretagne, a été au centre d'une polémique, sur ce thème. "Ce n'est pas anti-capitaliste, ce que je dis, ce n'est pas anti-business, c'est la logique: pour qu'on puisse baisser les impôts, il faut que tout le monde les paie!". David Cameron veut faire, maintenant, de la lutte contre l'évasion fiscale, l'un des objectifs du G8, qu'il préside cette année. Il est reparti sous les applaudissements. French. Les responsables politiques français arrivent, aujourd'hui, à Davos. Des grands patrons français, on en a croisé quelques uns depuis 2 jours: Fabrice Brégier d'Airbus, l'incontournable Maurice Lévy, ou encore le patron de Renault, Carlos Ghosn (à qui on tentera de demander, aujourd'hui, ce qu'il pense de la proposition d'Arnaud Montebourg de "faire un effort sur sa rémunération") mais jusqu'ici, point de ministres. Pierre Moscovici et Fleur Pellerin sont arrivés, en fait, hier soir, dans la station suisse. Ils doivent prendre la parole, dans la journée. Pour la ministre chargée des PME, de l'innovation et du numérique, ce sera à l'occasion d'un débat consacré à la compétitivité, avec (entre autres), en face d'elle, Lloyd Blankfein, le patron de la banque Goldman Sachs. Yen. Le ministre japonais des finances, a vivement réagit, depuis Tokyo ce matin, au propos tenus ici à Davos, par Angela Merkel. La Chancelière s'est dite "préoccupée par le Japon", qui, selon elle, laisse filer sa monnaie, le yen, pour retrouver de la compétitivité. Taro Aso rejette l'accusation et affirme que le Japon ne "manipule pas le cours de sa monnaie". La baisse actuelle ne serait qu'un réajustement normal.

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