Les tarifs du gaz vont encore augmenter, la semaine prochaine. Au 1er juillet, la hausse sera comprise entre 2 et 4,7%, par les particuliers. Un peu pluss pour les entreprises et les résidences collectives. La décision a été prise, hier soir, par la Commission de Régulation de l'Energie... la même, qui avait accordé à GDF Suez, une hausse de 9,7%, pas plus tard qu'en avril dernier. En 3 mois donc, le prix de gaz aura augmenté de près de 15%. Concrêtement, ces 2 augmentations cumulées se traduisent par une hausse de 130 euros de la facture annuelle, des foyers français qui se chauffent au gaz. Soit près de 6 millions et demi de familles concernées! Au moment, où on constate que le nombre des impayés explose: on a appris ça, en début de semaine: les coupures de gaz, pour cause d'impayés, ont été multipliées par 10, en 2 ans (en raison de la crise, d'un hiver rigoureux ET de tarifs en hausse)... au moment, donc, où on voit que certains ménages éprouvent les pires difficultés à honorer leurs factures, les prix augmentent à nouveau. Cette situation est d'autant mal vécue que si les tarifs du gaz payés par les consommateurs augmentent, les cours du gaz, sur les marchés mondiaux, eux, sont très nettement orientés à la baisse! Pourquoi ce décalage? Parce que les 2 ne sont pas liés! C'est incroyable, mais c'est comme ça: les tarifs du gaz, en France, restent indéxés sur le pétrole! Jusqu'à présent, ça ne posait pas de trop de problème... pétrole et gaz évoluaient de manière parfaitement parallèle. Mais depuis quelques temps, ce n'est plus vrai du tout. Ainsi, ces derniers 3 derniers mois, les cours du brut ont augmenté. Ceux du gaz ont baissé. Et c'est une baisse (pour le gaa) structurelle parce qu'une nouvelle technique de forage, d'extraction du gaz, a ouvert de nouvelles perspectives (et c'est une très belle nouvelle), et les prix s'éffondrent. Notamment aux Etats-Unis. En France, la situation devient intenable, du coup: les associations de consommateurs n'ont de cessent de réclamer une révision de la formule qui fixe le prix du gaz. Hier, à son tour, la Commission de Régulation de l'Energie a reconnu qu'il fallait changer les choses... changer cette indexation des tarifs du gaz sur le pétrole. On va, donc, peut-être, enfin y venir: rendre les choses plus justes. Mais, ce ne sera pas forcément facile. Il existe une contrainte, et elle est de taille: GDF Suez signe des contrats à long terme, très long terme, avec ses fournisseurs parce que la priorité, en France, reste avant tout l'approvisionnement (on n'a pas de gaz!). Ce sont des négociations longues et compliqués qui commencent. Le chômage en France reste nettement orienté à la hausse! 22.600 demandeurs d'emplois supplémentaires, le mois dernier. Dans la catégorie officielle. C'est un bond de 0,8% en 1 mois, après déjà une hausse marquée en avril. Les seniors et les chômeurs de longue durée sont les plus touchés. Les licenciements économiques font un bond de plus de 10%. Certains économistes parlent d'une véritable "douche froide", et s'inquiètent des conséquences sur la consommation, et donc sur la croissance. La croissance, plombée également, par les plans de rigueur, décrêtés un peu partout en Europe. Comment, précisément, combiner les 2 (croissance et redressement des comptes publics): c'est l'un des thèmes de discussions (et de débat) au G8 et qu G20, organisée, ce week-end, au Canada. Les syndicats, plutôt satisfaits de la journée d'hier, contre la réforme des retraites. C'est, de toute façon, plus que les journées précédentes. Aujourd'hui, pour la première fois depuis lancement des discussions, François Fillon doit s'exprimer, aujourd'hui lors d'une conférence de presse. Sur les retraites, donc. Mais aussi sur la situation financière du pays.

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