Elle l'assure, il ne s'agit pas d'un "combat" personnel contre Canal+. Depuis 2 ans, c'est pourtant un dossier qu'elle "porte", qu'elle défend contre la chaîne cryptée. Mais c'est au nom, dit-elle, du "bon sens" qu'elle s'acharne, et parce que "les petits soucis du quotidien, c'est aussi l'affaire des politiques". "Et comme je suis une punaise" ajoute-t-elle, elle ne lâche rien. Catherine Procaccia est sénatrice, élue UMP du Val de Marne, et depuis 2 ans, elle se bat pour que Canal+ change ses méthodes. Précisément: assouplisse les règles permettant à ses abonnés de résilier leur contrat. Tout est parti d'une expérience personnelle: elle a cherché, un jour, à se désabonner de Canal+ mais a constaté que ce n'était pas possible au moment où elle le souhaitait. A la 2ème tentative, nouveau raté: elle avait laissé passer la date anniversaire pour résilier. La Sénatrice s'est, donc, penchée sur la question, et a constaté que la Loi dite "Chatel", qui oblige les entreprises à annoncer, par courrier et suffisamment à l'avance, la date anniversaire des "contrats à reconduction tacite", cette Loi ne s'appliquait pas à Canal+. La chaîne affirmait, à l'époque, que l'envoi, chaque mois, de son magazine (où figure l'échéance des abonnements) suffisait à la bonne information de ses abonnés. Catherine Procaccia découvre alors que c'est un problème pour nombre d'abonnés. Elle devient une "référence" des forums sur internet, reçoit du courrier ("mon assistant parlementaire s'est transformé en service de réclamation"). Et elle découvre qu'une dizaine d'abonnés est allée en justice sur cette question précise. La sénatrice, pour clarifier les choses, essaye, donc, depuis, de changer la Loi. Est-ce le puissant lobbying de Canal+ au Parlement, par 2 fois déjà, elle a échoué. Mais ces jours-ci, elle repart à la charge avec le projet de la Loi "Consommation", que les députés ont commencé a examiner, hier. L'un de ses articles prévoit qu'on pourra résilier, à l'avenir, ses contrats d'assurance (automobile, habitation) "à tout moment", passé la première année. L'occasion est belle. La sénatrice va proposer d'étendre le principe à tous les "contrats à reconduction tacite", y compris, donc, les abonnements aux chaînes payantes. Mais elle ne se fait guère d'illusion, elle ne sent pas le gouvernement, cette fois-ci encore, prêt à s'attaquer à la chaîne cryptée. Tout n'est pas perdu: Canal+ -hasard?- vient d'annoncer qu'à la faveur du basculement de son magazine du papier au numérique, les abonnés, désormais, seront informés par mail ou par courrier. C'est "tactique", c'est mieux mais c'est toujours avec une bonne Loi de retard!

Plafond. Jean-Marc Ayrault envoie, ce matin, les "lettres-plafonds" à ses ministres. Autrement dit, leur enveloppe maximale de dépenses pour l'année prochaine. On le sait, globalement, les dépenses de l'Etat vont diminuer d'1 milliard et demi d'euros, l'année prochaine. Selon les Echos ce matin, ça va se traduire par une baisse nette de crédits pour plus de la moitié des ministères. Ce sera le cas pour l'écologie, l'agriculture, la fonction publique. En raison de la crise, les budgets "sociaux" en revanche, bénéficieront de plus de moyens: RSA, contrats aidés, aides au logement et emploi.

Plancher. La Bourse, mal en point. Le CAC 40, à Paris hier, est retombé à son point le plus bas de l'année. Et nouveau soucis: les taux d'intérêt des dettes souveraines... des Etats-Unis, de l'Italie, de l'Espagne, mais aussi de la France... sont repartis, très nettement, à la hausse.

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