Assemblée générale des actionnaires de Vivendi, hier. A Paris. Elle était attendue, marquée par la passation de pouvoirs officielle entre Jean-René Fourtou et Vincent Bolloré, à la tête du groupe. Une passation sans couacs. Sans excès de chaleur non plus, entre les 2 hommes qui ont fini, quand même, par s'échanger quelques compliments: "Vincent est entrepreant, imaginatif" a dit Fourtou. "Vivendi doit beaucoup à Jean-René" a répondu Bolloré. "Merci", "mais c'est sincère", laissent passer les micros. Les 2 hommes qui ont bien bataillé, l'un contre l'autre, ces derniers mois, sont en fait d'acord sur l'essentiel: le recentrage deVivendi sur les médias et la musique. Au bout d'une heure 20 de compte-rendus, stratégique et financier, "on passe à la traditionnelle séance de questions/réponses", annonce Jean-René Fourtou. La salle s'agite. Un à un, les intervenants se présentent. "En tant que petit actionnaire du Morvan, de Bretagne": la formule revient souvent. Ils ne vont pas ménager leurs dirigeants. "Vous vous êtes copieusement enrichi à la tête de Vivendi" dit l'un à l'adresse de Fourtou. "Vincent Bolloré c'est le monde politico-fric" lâche un autre. Les questions suivent. Sur l'arrivée de Netflix en France, sur les (nombreux) litiges et procès fait à Vivendi, sur l'utilisation de l'argent du groupe: "vous donnez l'impression de ne pas savoir quoi en faire" dit l'un de ces petits porteurs, pour qui ces quelques minutes, accordées aux cours de l'Assemblée générale, sont le moyen d'interpeller la direction, de dire ce qu'ils pensent, de se lâcher. Mais aussi -ils l'ont beaucoup fait, hier- de rappeler leur attachement au groupe. Loin de certaines carricatures. Qui sont ces petits actionnaires, qui chez Vivendi et ailleurs choisissent d'investir leur argent en action? Havas Paris publie, ce matin, une étude détaillée sur cette population. Selon l'agence, les résultats battent en brêche certaines idées reçues. Le petit actionnaire est certes, souvent, un "homme, retraité, qui vit en province" mais pas seulement. L'enquête pointe cette partie des actionnaires individuels moins caricaturale: plus jeune, moins aisée qu'on le pense. Et surtout moins "courtermiste" qu'on le dit. Souvent, ils cherchent à davantage s'impliquer dans la vie de l'entreprise. Cette enquête liste 5 grandes familles: de l'actionnaire de circonstance (peu impliqué) à l'actionnaire "2.0" (qui réalise fréquemment des transactions). Havas pointe aussi la famille des "actionnaires amers", déçus par la bourse, refroidis par la crise. Ils seraient 13%.

Plus chers. Le prix du timbre devrait grimper fortement, dans les prochaines années. Information des Echos, ce matin. La Poste a demandé à l'Arcep, son autorité de tutelle, une modification de son cadre tarifaire. Aujourd'hui, le prix du timbre, chaque année, ne peut pas augmenter plus vite que l'inflation +1%. La Poste demande "inflation + 3,5%". Et ce, pendant 4 ans! Une sacrée accélération. C'est l'Arcep qui décidera, le mois prochain. La Poste, pour justifier sa demande, met en avant la chute de son activité courrier: 600 millions de lettres en moins à acheminer.Moins présents? L'éternel débat sur le temps de travail des Français, relancé par une étude, publiée ce matin par l'institut COE Rexecode. Les salariés français à temps complets travaillent, chaque année, 5 semaines de moins que les Allemands. La France est avant-dernière en Europe. L'écart se creuse avec l'Espagne et le Royaume-Uni. Cela dit, quand on intègre les temps partiels, les écarts se resserrent. Il n'y a plus que 44 heures de différence entre la France et l'Allemagne.

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