Hier, la rélévation des écoutes américaines et la convocation d'un Conseil de défense exceptionnel à l'Elysée lui ont fait craindre l'annulation de la réunion prévue. Mais, François Hollande l'a maintenue, et Thierry Repentin en est sorti rasséréné. Thierry Repentin, ancien ministre de Jean-Marc Ayrault, (ça a échappé à tout le monde) a été désigné, récemment, Délégué interministériel à la mixité de l'habitat. Il préside, aussi, la Commission Nationale, de l'Aménagement, de l'Urbanisme, et du Foncier. On va faire plus simple puisqu'on peut, aussi, le présenter comme celui qui est chargé de mettre en oeuvre l'engagement n°23 du candidat Hollande: "je mettrai gratuitement à disposition des collectivités locales les terrains de l'Etat disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements". Dès 2013, il a été traduit dans une Loi. Une décote a été instaurée. Elle permet de contourner l'interdiction (constitutionnelle) faite à l'Etat de vendre ses biens à "vil prix". Pour les projets de construction de logements sociaux, l'Etat, ou ses agences ou entreprises publiques, peuvent vendre moins cher que le prix fixé par les Domaines, pour stimuler le marché. 2 ans, après le vote de cette Loi, son bilan n'est "pas excellent" selon les propres mots de Thierry Repentin. Seuls 28 terrains ont été vendus dans ce cadre. Le Délégué interministériel trouve plusieurs explications ça: le temps long de la décision publique, le temps encore plus long pour changer les esprits. Et puis les réticences, toujours, de certains maires, qui ne veulent pas de logements sociaux sur leurs communes. Mais, il y a encore, l'Etat. L'Etat contre lui-même. Les ministères qui rechignent à céder à prix cassés, leur patrimoine. D'où cette réunion, hier, à l'Elysée: autour du Président de la République, les ministres gros propriétaires fonciers. "Ils ont, explique Thierry Repentin, les réflexes d'un vendeur privé. Ils préfèrent garder leurs biens, payer leur entretien et leur surveillance, anticipant une hausse des prix du marché, plutôt que de vendre avec une décote". Et quand il trouve, en face d'eux, un maire qui ne veut pas de HLM chez lui, une alliance objective s'instaure. Exemple à Roquebrune-Cap Martin, en Provence Alpes Côte d'Azur (la PACA où on trouve le plus de communes ne respectant pas les 20% -passés à 25%- minimum de logements sociaux, la Loi SRU. A Roquebrune, 4 ans de négociations pour enfin, envisager la vente d'une caserne, en centre-ville! 450 logements, 30% de logements sociaux. Le ministère de la Défense, dans ce dossier, n'a pas été le dernier à freiner.

Anti-austérié. Le gel du salaire des fonctionnaires est inconstitutionnel... en Italie! Pas en France, où une mesure identique est en oeuvre. Décision, hier, de la Cour Constitutionnelle italienne: le blocage des salaires publics, décidé en 2010, de l'autre côté des Alpes, est jugé contraire à la Constitution italienne. C'était l'une des mesures du plan de redressement des comptes du pays. Le gouvervenement de Matteo Renzi va, donc, devoir y mettre fin mais sans rétroactivité (qui lui aurait coûté 35 milliards d'euros). Il y a 2 mois, c'est la désindexation des pensions de retraites, vis-à-vis de l'inflation, qui avait été retoquée, en Italie. En France, elle se poursuit.

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