C'est lundi matin. Nous sortons tous difficilement d'un long week-end. J'ai pourtant décidé de me lancer dans l'explication de ce qui ressemble à un parfait "casse-tête", largement polémique, et qui plus est, qui me (nous) concerne presque directement. Je ne suis pas pilote de ligne, mais l'affaire commence avec eux, et la menace que leur syndicat fait planer. Le SNPL se dit, en effet, prêt à appeler à la grève lors de tous les week-ends de juillet prochain, c'est-à-dire en pleines vacances d'été. Une grève pour obtenir du gouvernement, une dérogation aux nouvelles règles de représentativité syndicale. Ces nouvelles règles (voulues par la CGT et la CFDT, et soutenues par la gouvernement) veulent qu'un syndicat soit considéré comme "représentatif" - c'est-à-dire invité à s'asseoir à la table des négociations dans une entreprise - quand il a obtenu au moins 10% des voix aux élections professionnelles. Problème pour les pilotes d'Air France, ils sont 4 000 sur un total de 75 000 salariés. Donc, même avec le meilleur score possible (100% chez les pilotes), leur syndicat ne peut espérer franchir la barre "globale" des 10%. D'où cette demande (très appuyée, avec menace de grève, donc) pour obtenir une dérogation. Une demande jugée recevable par le Secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui trouve, lui aussi, "anormal" que les pilotes se retrouvent, un jour, sans représentants syndicaux ! On peut l'admettre en effet, sauf qu'immédiatement (et parce qu'ils sont dans le même cas) hôtesses et stewarts ont fait savoir qu'ils réclament eux aussi le même droit à déroger. Et tous rappellent qu'il existe déjà une exception prévue par la Loi. Elle est accordée... aux journalistes (on y vient)! Ils ont, en effet, réussi à convaincre le Parlement qu'ils étaient si différents que les autres, qu'ils devaient échapper aux nouvelles règles. Concrètement, cette "dérogation" accordée aux journalistes n'est pas forcément applicable (c'est le cas à Radio France) mais peu importe, on l'a compris, cette affaire, c'est une question de principe. Le sort des syndicats "catégoriels" (ou "corporatistes"...) n'est pas un "oubli" de la Loi (et de l'Accord syndical qui l'a précédé). Elle vise bien à "casser" certaines situations, certains "bastions" syndicaux. Elle propose, d'ailleurs, une solution à ces organisations syndicales "spécifiques": s'affilier à une grande confédération. Ce que refuse de faire, semble-t-il, le SNPL. Ce qu'a accepté de faire, en revanche, le syndicat des conducteurs de la SNCF, la FGAAC, désormais liée à la CFDT. Résultat : la Loi voulait mettre fin au "2 poids, 2 mesures", à la prime accordée aux plus forts, aux plus perturbateurs, aux mieux représentés dans les cercles du pouvoir. On n'y est pas encore. Après Chrysler, General Motors... en route vers la faillite ! C'est, désormais, l'hypothèse la plus probable. Les dirigeants de General Motors, qui doivent présenter un Plan de restructuration viable au gouvernement américain, n'arrivent pas à convaincre leurs créanciers de restructurer leur dette. Estimée à 27 milliards de dollars. Le constructeur s'apprête, donc, à connaître le même sort que Chrysler. Mortel Nortel. En France, c'est la filiale de Nortel, l'équimentier télécoms canadien, qui pourrait être mise en liquidation judiciaire. Dès aujourd'hui. La décision revient au Tribunal de Commerce de Versailles. Elle pourrait entraîner quelques 500 suppressions immédiates d'emplois (sur 700). La CFDT de Nortel France dénonce "l'abandon" par la maison-mère de sa filiale française. Demain, nouvelle journée de mobilisation syndicale. Après celles des 29 janvier, 19 mars et 1er mai. Et avant celle du 13 juin. Demain, c'est une journée "décentralisée", sans manifestation parisienne, par exemple. Mais des appels à la grève sont lancés dans la fonction publique. Perturbations possibles dans l'Education nationale, aux impôts, à la RATP et à la SNCF.

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