Il n'a pas fallu beaucoup de temps pour apprendre le montant du "parachute doré" de Thierry Morin, le patron démissionnaire de Valéo. La décision a été prise vendredi, dans le secret des délibérations du Conseil d'administration de l'entreprise. Mardi (hier), l'info était révélée par "Libération" avec tous les détails desdites délibérations. "Chapeau" à notre confrère : l'info était béton (tout s'est révélé exact). On ne connait pas sa source, mais on peut soupçonner qu'elle ne doit pas être très éloignée des administrateurs. Ca pourrait même être l'un d'entre eux, pas content de la décision prise. "Le Figaro", ce matin, confirme en tout cas que la question des indemnités de départ de Thierry Morin a donné lieu à des discussions très houleuses au sein du Conseil d'administration. Autre révélation (passée, elle, inaperçue hier) : Bercy, dès vendredi savait ! C'est l'Agence France Presse, dans l'une de ses dépêches, qui l'affirme : "le conseil de Valéo a "sondé" le ministère de l'Economie." Le directeur de cabinet de Christine Lagarde ne nie pas, le ou les, coups de fils. Stéphane Richard explique qu'il y a bien eu ce qu'il appelle des "échanges informels" avec les administrateurs de Valéo, vendredi dernier. Au moment donc de la décision. Mais il précise très vite qu'il n'a pas donné un quelconque accord à ce parachute doré. Tout simplement, parce qu'il n'avait pas à le faire ! C'est la phrase d'après qui soulève quelques interrogations : "je les ai mis en garde contre l'exploitation médiatique" de cette affaire. C'était "bien vu" (l'affaire a provoqué un tollé) mais ça ressemble (rétrospectivement, et avec les seuls éléments connus à ce stade) à un "service minimum" de la part de Bercy, qui aurait pu envoyer un message beaucoup plus clair aux administrateurs de Valéo. Cet épisode règle, en tout cas, la question de la place de l'Etat au conseil d'administration des entreprises qu'il aide. Pour Valéo, le gouvernement réclame un siège, en tant qu'actionnaire important. Mais dans d'autres cas, (l'automobile, les banques) il n'a pas jugé utile de demander une place. En fait, "peu importe", on voit bien que le téléphone fonctionne correctement. l'important reste le message qu'envoie l'Etat ! Il n'y aura pas de Loi pour encadrer les salaires des patrons. En tout cas, Nicolas Sarkozy n'en a pas parlé hier soir, à St-Quentin. Le Président de la République s'est contenté d'une nouvelle leçon de morale, dénonçant les patrons qui touchent une grosse rémunération, alors qu'ils ont échoué. Après l'affaire Valéo, qui a provoqué un tollé général hier, le Président de la République promet qu'il n'y aura plus de "bonus" ou de "parachutes dorés" dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, ou qui met en oeuvre un Plan social d'ampleur. Si Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité d'une loi, c'est sur la question du partage des profits. Il donne jusqu'à fin juin aux partenaires sociaux pour faire des propositions. faute d'un Accord, le gouvernement déposera un projet de Loi, cet automne. Les Français, pas si nuls que ça en économie. Le mensuel "L'Expansion" a testé les connaissances des Européens en la matière : 4 questions de culture générale économique. Et bien, les Français arrivent en tête : 80% des personnes interrogées, en France, répondent juste. C'est mieux que les Allemands et les Italiens et c'est loin devant les Britanniques, derniers de la classe.

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