"Chypre, c'est la Grèce + l'Espagne + l'Islande". C'est ainsi qu'un diplomate européen résumait, ce week-end, la situation. Il précisait: "Chypre, c'est la Grèce, pour sa gestion publique aberrante + l'Espagne, pour sa bulle immobilière + l'Islande, pour ses rêves de grandeur financière et l'hypertrophie de son secteur bancaire! On comprend, vu comme ça, la compléxité du dossier, et finalement, sa dangerosité pour toute la zone euro. On comprend aussi que la crise chypriote soit celle des "premières fois". Première fois qu'un pays européen rejette le plan de sauvetage qui lui est présenté. Première fois qu'on décide, avant de rétropédaler, de taxer tous les dépôts bancaires. Première fois depuis longtemps, qu'on ferme pendant plusieurs jours, toutes les banques d'un pays! Après plus d'une semaine de ce "psychodrame", une solution semble, donc, avoir été trouvée, à Bruxelles, cette nuit. La "structure" du plan de sauvetage, fondamentalement, ne change pas. Le Fonds Monétaire International et l'Europe vont accorder à Nicosie, un prêt de 10 milliards d'euros (pas plus parce au delà, la dette du pays serait jugée "intenable"). La Banque Centrale européenne, qui avait menacé, la semaine dernière d'arrêter, continuera à l'avenir, d'apporter des liquidités à Chypre. En échange, le gouvernement chypriote, lui, a promis des réformes structurelles, des privatisations... et, surtout, une restructuration radicale de son secteur bancaire. Mais attention, cette fois-ci pas question de mettre à contribution les "petits", les modestes: les dépôts de moins de 100 mille euros se sont pas concernés. Quelque soit la banque chypriote où ils se trouvent, ils vont être être sécurisés dans une structure financière saine. Le reste du plan est radical: Laïki, la 2ème banque du pays, va être liquiditée. Et ce sont les actionnaires, les détenteurs d'obligations, et les déposants "riches" de cette banque (au-delà de 100 mille euros, beaucoup sont russes) qui épongeront les dettes. Les "riches" de l'autre grande banque du pays, la Banque de Chypre, seront eux-aussi mis à contribution. Au final, l'eurogroupe retombe sur ses pattes. La promesse de ne pas toucher aux "petits dépôts bancaires" (de moins de 100 mille euros) est réaffirmée. On verra si les tergiversations de la semaine dernière laissent des traces. Et, à Chypre, on met fin, à "l'économie-casino" pour reprendre l'expression de Pierre Moscovici, hier, à son arrivée à Bruxelles. Non sans dégâts. Pas sûr que ça rassure les Chypriotes: hier, la Commission européenne promet de faire "tout son possible" pour alléger les conséquences sociales de ce plan.

Grâce à l'annonce de cet Accord, la bourse de Tokyo termine en nette hausse, ce matin: +1,7%.

Nouveau ton. Au Medef, Laurence Parisot durcit le ton. Elle s'exprime dans les Echos ce matin. Longue interview à 3 jours du vote du Conseil exécutif du Medef sur la réforme des statuts de l'organisation, qui lui permettra (ou pas) de briguer un 3ème mandat. La partie s'annonce serrée pour elle. La présidente du Medef réaffirme, dans cette interview, l'intérêt de cette réforme des statuts, et dénonce la "violence de la campagne" menée contre elle. "Certains comportements et propos ne laissent rien présager de très bon pour la conduite du patronat" dit Laurence Parisot qui affirme encore, que certains de ses adversaires veulent faire du Medef "un outil de combat systématique... une opposition frontale au gouvernement et aux syndicats... quitte à risquer la paralysie du pays, ou à favoriser le populisme". Fin de citation de Laurence Parisot.

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