Oserait-on parler de "vache à lait" de l'Etat? Certainement pas. L'institution est ancienne, inspire le respect. et ne pousse vraiment pas à l'utilisation d'expressions aussi familières. Et pourtant, démonstration a été faite, à nouveau hier: la Banque de France -il s'agit d'elle- constitue bien, aujourd'hui, une des sources de recettes particulièrement intéressantes pour l'Etat. Hier, c'est dans la salle à manger du gouverneur, au siège de la banque, en plein coeur de Paris, que les journalistes étaient conviés pour la présentation officielle de ses résultats 2013. Pas à l'occasion d'un déjeuner mais bien une conférence de presse en bonne et due forme (le déjeuner, ce fut sur le pouce, un peu plus tôt au comptoir d'une brasserie toute proche, où on tomba, par hasard... sur le gouverneur lui-même. Christian Noyer dévorant la presse du jour, et un sandwich au saucisson. Dans un temps pas si lointain (en 2003, la dernière fois), la Banque de France pouvait enregistrer des déficits, afficher, en tout cas, un résultat tout proche de zéro. Depuis quelques années, c'est l'inverse elle multiplie les bénéfices. Résultat en 2013: plus de 6 milliards d'euros. Après les mises en réserve de précaution, et le paiement de l'impôt sur les sociétés, il reste presque 2 milliards et demi d'euros de résultat net, sur lesquels l'Etat devrait puiser un confortable dividende. Le quotidien "L'Opinion" a fait les calculs: sous la forme d'impôts ou de dividende, la Banque de France a versé à l'Etat, au total ces 7 dernières années, plus de 25 milliards d'euros! Qui dit mieux? Comment est-ce possible? C'est grâce à la crise! "La crise, c'est vous qui la vivez, c'est nous qui en vivons!", la Banque de France pourrait reprendre à son compte ce vieux slogan de Groland. Avec les crises, financière d'abord, puis des dettes souveraines, la banque centrale française, comme ses holomogues, a participé massivement aux diverses opérations de sauvetage de la zone euro: prêts aux banques commerciales, rachat de dettes de pays en difficulté, le tout à des taux d'intérêt élevés. Résultat: la Banque de France engrange, mécaniquementet sans cynisme, beaucoup d'argent. Les versements d'intérêts ont rapporté plus de 8 milliards, en 2012. Presque 7 encore, l'année dernière. Mais, la crise se tasse. Et Christian Noyer prévoit un recul de ses résultats, cette année. Les pires choses, malheureusement, ont une fin.

Cap. Malgré la "claque", le gouvernement ne reviendra pas sur les 50 milliards d'économies. C'est Michel Sapin qui le dit, ce matin, dans les Echos: "sur les économies, nous ne changerons pas le cap". Pour le ministre du travail, proche de François Hollande: "économiser 50 milliards d'euros de dépenses publiques ne dépend pas d'un premier, d'un deuxième ou d'un troisième tour de scrutin municipal. C'est l'intérêt supérieur de la France!". Michel Sapin ajoute cet autre argument: "financer notre politique, sans avoir recours à de nouvelles hausses d'impôts, paraît "assez conforme" -c'est son expression- au message envoyé par les électeurs, ce dimanche". Invité. Le président chinois, Xi Jinping en France, jusqu'à jeudi. Sa visite commence, ce soir, à Lyon. Pas moins de 90 accords doivent être signés: dans l'aéronautique, le nucléaire, l'automobile (avec PSA notamment). Dans l'agroalimentaire.

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