C’était le "signe avant-coureur", la preuve qu’entre Matignon et Bercy, la brouille couvait depuis un certain temps", explique, aujourd’hui et rétrospectivement, un député socialiste. Cette brouille, elle est apparue au grand jour, la semaine dernière, avec l’annonce, par Jean-Marc Ayrault, d’une vaste réforme fiscale sans avoir consulté préalablement ses ministres, et avec surtout, dans la foulée, l’organisation de fuites dans la presse sur les futurs changements à la tête des 2 grandes administrations du Ministère de l’Economie, le Trésor et le Budget. Mais, quelques jours plus tôt, c’est à l’Assemblée Nationale, en plein débat budgétaire, que c’est joué, le "premier round" de cette reprise en main de Bercy par Matignon. Un épisode que racontent, aujourd’hui, certains Socialistes. Nous sommes vendredi 15 novembre, soit 4 jours avant l'annonce de la "grande réforme". Dans l’hémicycle, les députés débattent de l’optimisation fiscale des entreprises, cette pratique qui fait, qu’en jouant avec la complexité de notre système fiscal, les grandes entreprises arrivent à réduire le montant de leurs impôts. 8 entreprises du CAC 40 ont même réussi, en 2011, à ne pas payer, du tout, d’impôt sur les sociétés. En toute légalité. Plusieurs députés de la majorité ont décidé de s’attaquer au problème. Et ont déposé une série d’amendements, au Budget 2014, pour limiter ces pratiques d'optimisation. Une "vraie déclaration de guerre", aux yeux des grands patrons.L’Elysée, au départ n'était pas favorable à cette initiative parlementaire, mais finalement "ne donne plus aucune consigne". C'est "silence radio" constatent les députés socialistes, à l’approche du débat. Bercy, en revanche, ne cesse de leur demander de reculer. Le jour même du débat, Bernard Cazeneuve leur propose d’assouplir ces amendements, les députés PS refusent. Dans l'hémicycle, le ministre tente encore de les convaincre: il partage leur objectif, explique-t-il, mais trouve certains dispostifs, grosso modo, mal écrits, contestables juridiquement, destabilisant pour les entreprises. Il leur demande, une dernière fois, de les retirer. En vain. Celui réformant "l’abus de Droit", l’un des plus discuté et des plus contestés par le patronat, est finalement adopté. Les députés expliquent aujourd’hui que s'ils n'ont pas cédé, c'est parce ce qu'ils ont bénéficié du soutien total... de Matignon! Jean-Marc Ayrault ne s'en cache pas d'ailleurs, aujourd'hui ("j'approuve ce que les députés ont fait" a-t-il dit, ici même, mercredi dernier). Il y a 10 jours, pendant le débat, c'est son directeur de cabinet qui les encourageait, par sms, à aller jusqu’au bout de leur démarche. En dépit des réticences du ministre. Matignon contre Bercy. Déjà.

De Renault à PSA? L'ancien n°2 de Renault pourrait, bientôt, prendre les rênes de... Peugeot! L'information, révélee par le Figaro, est confirmée par d'autres confrères. Carlos Tavares, ex-Directeur général délégué de Renault, débarqué cet été par Carlos Ghosn, aurait été choisi pour succéder à Philippe Varin, à la tête de PSA Peugeot Citroën. La succession se ferait en 2 temps. Très vite, Carlos Tavares rejoindrait le groupe en tant que patron de la division automobile, laissant Philippe Varin travailler, par exemple, au rapprochement avec les Chinois de Dongfeng. Et c'est l'année prochaine, qu'il deviendrait n°1 de Peugeot Citroën.C'est du vol? Une grève chez easyjet. Les pilotes sont appelés à débrayer 3 heures, ce matin. Sans conséquence pour les vols, selon la direction. Les pilotes demandent une amélioration de leurs conditions de travail et un meilleur intéressement aux résultats -excellents- de la compagnie.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.