Tapez "Encyclopaedia Universalis" dans Google, et c'est Wikipédia qui apparaîtra, dès les premières lignes. La "fiche", d'ailleurs, a été immédiatement réactualisée, dès que l'information a été rendue publique. Une ligne ajoutée par un contributeur bénévile et anonyme: "le 30 octobre 2014, (...) le Tribunal de Nanterre place la société en redressement judiciaire". C'est ce week-end qu'on a appris les difficultés de l'Encyclopaedia Universalis: redressement judiciaire donc, 45 salariés dans l'inquiètude, et 6 mois pour trouver une solution. Et bien-sûr c'est à son "ennemi juré" qu'on a instantanément pensé. L'Encyclopaedia Universalis, victime évidente du numérique, et du "tout gratuit". Victime de Wikipédia, donc. Hier, le patron d'Universalis a tenu à corriger cette lecture un peu simple, une peu simpliste des événements. Le numérique, la "vieille" encyclopédie ne se l'est pas pris en pleine face, cette année seulement. Dès les années 90, l'arrivée des CD-ROM, puis des DVD a révolutionné le secteur: "Encarta", ça vous dit forcément quelque chose! Face à l'ordinateur, les imposantes éditions, en 30 volumes, de l'encyclopédie ne faisaient plus le poids. En revanche, elles pesaient beaucoup trop sur nos étagères "billy". Bref, elles n'étaient plus adaptées à l'époque! Il date de là, le "choc numérique", les ventes d'Universalis passant de 20 mille par an, à 2 mille. Il y a 2 ans, dans un restaurant de la place de de la Madeleine, le patron d'Universalis annonçait la fin de la version papier: une dernière édition "collector", puis une bascule définitive sur internet. L'entreprise comptait, alors, vivre avec 2 sortes de clients. Les particuliers d'abord. Une dizaine de milliers sont des abonnés, qui acceptent de payer pour un contenu de qualité: il en reste! Et le un site internet revendique 10 millions visiteurs uniques par an. Comme beaucoup d'autres, pour Universalis, la guerre aujourd'hui, c'est celle du référencement: travailler, payer pour arriver systématiquement dans les 10 premiers résultats d'une recherche Google, les seuls qui provoquent des clics. L'autre "client" d'Universalis, c'est l'Education nationale, l'accès numérique au savoir. Les dirigeants d'Universalis l'affirment: c'est elle qui a, en fait, provoqué leur chute. L'école numérique reste encore trop "vituelle" disent-ils, et les crédits qu'on promettait d'augmenter baissent. L'Etat ne consacre que 1 euro par élève et par an pour les ressources numériques pédagogiques.

En hausse. On commence avec les impôts: pourquoi ils augmentent tant. Et on trouve de nouvelles réponses dans le "Rapport général du Rapporteur général" -on dit comme ça- du Sénat. Il rend public les premières estimations des effets de la fiscalisation de la part employeur dans les contrats collectifs de complémentaires santé. Ca a l'air barbare, mais beaucoup de contribuables ont très vite compris: presque 8 millions de salariés du privé sont rattrapés par la mesure. En moyenne, ça donne une hausse d'impôt de 118 euros. Les Echos le relève, ce matin. La mesure "tape" plus largement encore que celle visant les heures supplémentaires. C'est notamment elle qui explique que de nombreux foyers soient devenus imposables, cette année.

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