"Doubler le chiffre d'affaires d'Hermès, ce n'est pas compliqué. Il suffit de lancer un sac à 1800 euros, et ça fait un tabac!". C'est ainsi que parlait, il y a quelques temps, un dirigeant de LVMH. L'anectode est rappelée, ce matin dans la presse. Voilà résumée en quelques mots, toute l'ampleur du "choc des cultures" entre les 2 célèbres maisons. Le luxe un peu "bling-bling" d'un côté (des magasins Vuitton, par exemple, où on vend la maroquinerie "à la chaîne", ou presque. Et, de l'autre, une vieille maison, un "temple du luxe rare et très cher", où il faut attendre plusieurs mois -2 ans même, dit-on parfois- pour obtenir le légendaire sac Kelly (ou le sac Birkin), pour la bagatelle de 5000 euros! 2 méthodes. 2 stratégies. 2 cultures. Le n°1 mondial d'un côté, un groupe familial, de l'autre. Depuis plusieurs années déjà, on disait LVMH intéressé par Hermès, mais on disait l'attaque impossible à mener. Samedi, à la surprise générale, il est devenu son premier actionnaire individuel: déjà 14% du capital d'Hermès raflé. 17%, très prochainement. C'est par un coup de fil, quelques instants à peine avant l'annonce officielle de cette "entrée en fanfare" que Bernard Arnaud, le patron de LVMH, a prévenu les dirigeants d'Hermès. "Mon intention est amicale" leur a-t-il dit. "Je ne souhaite lancer aucune OPA pour m'emparer du groupe. Je veux être un investisseur à long terme d'Hermès, a dit encore Bernard Arnault. "Je veux préserver son caractère familial, son identité française. Et je soutiens "sans réserve votre stratégie"! Ces mots rassurants n'ont évidemment rassurés personne, chez Hermès, où le branle-bas de combat a été déclenché, avec cette question: qui a vendu ses actions à LVMH? 30% du capital circulent en bourse. Bernard Arnault a pu y faire son marché. Mais est-ce qu'un des 60 descendants du fondateur Louis Hermès n'aurait pas, également, cédé au géant du luxe? Ce serait terrible: le début de la fin du pacte familial. Le début de la fin d'"Hermès, maison indépendante". Un conseil de famille a, semble-t-il, été convoqué ce dimanche. Et un communiqué, publié hier soir, tente, à son tour, de rassurer: "nous restons parfaitement unis" affirme la famille. Et le statut juridique de l'entreprise nous protège". Pendant encore combien de temps? Aujourd'hui, une action Hermès vaut presque 180 euros. Elle a quasiment doublé en 1 an. La capitalisation boursière de l'entreprise représente, aujourd'hui, presque 50 fois son bénéfice annuel! Certains, face à un tel jackpot, pourraient craquer et donc vendre à LVMH. L'histoire ne fait, peut-être, que commencer. La grève coûte cher à l'économie française. Le Medef, le CGPME ne cessent de le dire. Le Ministère de l'Economie tente, lui, une évaluation du coût de cette grève. Et c'est le Figaro qui la révèle, ce matin. Chaque jour de grève contre la réforme des retraites coûterait entre 200 et 400 millions d'euros, à l'économie française. La fourchette est large: elle va du simple au double. Le Figaro fait la multiplication: en 8 jours, ce sont donc entre 1,6 milliard 3,2 milliards d'euros qui seraient ainsi perdus. Cela dit, Bercy, à ce stade, en tout cas, n'envisage pas de revoir à la baisse sa prévision de croissance, pour 2010. Toujours fixée à 1,6%. Toujours plus chère. L'électricité, plus chère à partir du 1er janvier prochain: une augmentation comprise entre 3 et 4%. Là, c'est le journal "Les Echos" qui l'annonce.

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