Sans doute le redira-t-il ce soir à Toulon, mais depuis qu'à New York, Nicolas Sarkozy a promis de sanctionner les responsables de la crise financière, un grand jeu semble avoir commencé sur le mode du Cluedo, ce fameux jeu de société : la crise, à qui la faute ? C'est la grande question. Le FBI mène l'enquête. Comme la SEC, le "gendarme" de la bourse à Wall Street. Mais la liste des responsables est forcément très longue. Elle devrait, par exemple, intégrer tous ceux qu'on apelle les "fondamentalistes du marché", ceux qui ont prôné, et imposé, la déréglemention du système financier. Particulièrement aux Etats-Unis mais pas seulement. Tous les traders "dopés aux bonus" sont aussi coupables : ils ont pris des risques inconsidérés ! Les Fonds spéculatifs également (comme leurs noms l'indiquent). Les banquiers d'affaire, coupables : ce sont eux qui ont inventé ces produits financiers très complexes, qui cachaient des actifs "pourris". Les agences de notations -chargées de contrôler ses produits bancaires- sont également, responsables : elles ont accordé des "triple A" (la meilleure note) à ces produits. Et ces produits "pourris" n'existent-ils pas parce que certains ont accordé des crédits immobiliers (les subprimes) à des ménages qui manifestement ne pourraient jamais payer ? Et pourquoi ont-ils pu le faire ? Parce que les taux d'intérêts étaient très bas... trop bas. Un responsable, là : Alan Greenspan, l'ancien patron de la Réserve fédérale, qui a favorisé l'émergence de cette bulle immobilière. Vous voyez, on peut remonter très loin... et même plus haut encore. Si on suit Joseh Stiglitz, le Prix Nobel d'économie, dans son dernier livre, l'enquête peut remonter même jusqu'au bureau oval... et à George Bush. C'est aussi "sa" guerre en Irak qui, en coûtant très cher, a favorisé cette politique monétaire accomodante. George Bush tire la sonnette d'alarme. Le Président des Etats-Unis, à la télévision hier, a affirmé que c'est "toute l'économie américaine qui est en danger", avec cette crise financière. Notre pays pourrait vivre une récession "longue et douloureuse" a-t-il dit, avec la faillite d'autres banques, d'autres entreprises et finalement la mise au chômage de millions d'Américains. George Bush dresse un tableau très noir, pour obtenir, au plus vite, l'adoption du Plan de sauvetage du système financier : 700 milliards de dollars, au total. Il reçoit aujourd'hui, à la Maison Blanche, les 2 candidats à la présidence, Barak Obama et John Mc Cain. Mc Cain qui a décidé de "suspendre" sa campagne dans ces circonstances. En Europe, c'est la Commission européenne qui s'inquiète des conséquences économiques de la crise : la récession menace l'Allemagne. En France, le moral des industriels est au plus bas. Discours de Nicolas Sarkozy, en fin de journée, à Toulon sur la situation économique. Renault continue à réduire ses effectifs. Le constructeur automobile précise aujourd'hui les conditions de départ de 2 mille salariés de ses filiales européennes. 900 en France. Ces suppressions de postes s'ajoutent aux 4 mille présentées, déjà, au début du mois.

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