La réunion a duré, presque 2 heures. "Elle a été constructive. Elle nous a rassuré" affirme l'un des participants, un député socialiste. Cette réunion, qui n'était pas inscrite à l'ordre du jour officiel des Journées parlementaires du PS, la semaine dernière, à Dijon, s'est tenue au premier sous-sol de l'opéra de la ville. Dans la salle de répétition des musiciens. C'était mercredi soir. "Nous étions quelques uns à réclamer ce rendez-vous" explique un député, "et Jérôme (Cahuzac) s'est plié volontiers à l'exercice". Pendant presque 2 heures, donc, le ministre du budget a dévoilé, expliqué à sa majorité, les grandes lignes du projet de Loi de finances qu'il présentera en Conseil des ministres, vendredi. Il était temps, en fait parce que les députés et les sénateurs socialistes commençaient à s'agacer de découvrir, dans la presse, chaque matin, les mesures retenues. Le matin même de cette réunion, se souvient encore l'un d'eux, les Echos titrait en une: "comment le gouvernement compte alourdir l'ISF". Les élus socialistes, appelés à examiner et à voter ces dispositifs, dans les semaines qui viennent, finissaient par ne plus apprécier du tout cette multiplication de "fuites", plus ou organisées. D'où cette demande d'éclaircissements. Un député a fait rire ses collègues, quand même, en prenant tout le monde à rebours: "moi, ce budget 2013, je ne suis pas pressé de le connaître". Allusion, évidemment, aux 30 milliards d'économies (et d'impôts nouveaux) qu'il contient. Et qui ne plaieront à personne. Au final, les parlementaires socialistes en sont ressortis, semble-t-il, rassurés. Rassérénés. "C'est du beau boulot" dit l'un d'eux. Avec la suppression de certaines niches, leur plafonnenement global, y'a du grain à moudre". "C'est bien une politique fiscale de gauche" se rassure un autre. Un 3ème décrypte: Jérôme (Cahuzac) a gagné son pari: il trouve les milliards nécessaires, mais il épargne les PME, et la classe moyenne". L'élu socialiste résume la philosophie de ce budget 2013: "on va taper -pardonnez-moi l'expression- sur les grandes entreprises, celles qui continueront à investir, malgré ces impôts nouveaux. Et on va taper sur les ménages les plus fortunés. Auxquels il restera, de toute façon, de l'argent pour consommer.

On avait oublié Fillon. Encore une mauvaise nouvelle pour les contribuables les plus riches. Il y a la taxe à 75%, au dessus d'un million d'euros de revenus. Il y a la nouvelle tranche d'impôt sur le revenu à 45%. Leurs créations seront confirmées, vendredi, avec la publication du Budget 2013. Mais on avait oublié une chose: la "surtaxe Fillon". Créée l'année dernière, elle visait aussi à faire payer un peu plus les ménages les plus aisés. On l'imaginait disparaître, c'est non: le gouvernerment a décidé de la maintenir. Elle s'ajoutera aux 2 autres. Résultat: certains ménages, à haut revenus (mais qui n'atteignent pas le million d'euros), seront taxés à presque 50%.Pas assez! Apple déçoit. Le géant américain a vendu 5 millions d'iphone 5, en quelques jours. Mais, la Bourse, qui s'attendait à mieux, est déçue. Le titre a perdu plus de 1%, hier.Pas beaucoup. La ministre de la Fonction publique l'affirme: "le point d'indice des fonctionnaires ne sera pas forcément gelé, en 2013". C'est dans une interview accordée aux Echos. Marylise Lebranchu tempère, cela dit, très vite: "l'enveloppe globale dédiée aux rémunération est gelée. C'est à l'intérieur qu'on peut faire des arbitrages".

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