C'est le genre de page qu'on ne lit pas, qu'on ne regarde même pas, quand on feuillette son journal. Une annonce légale, toute grise et sans photo. Un long texte, un charabia juridico-économique. Dans le Monde daté du 24 septembre (celui d'hier), de fait, quand on arrive à la double page centrale du journal, l'oeil est plûtot attiré par la photo couleur de gauche (au passage, un étonnant cliqué de la ministre de culture, dans un "hallo" jaune, très cinématrographique) que par l'annonce légale, de la page de droite. Et pourtant, elle est intéressante. Payée par la "Présidence de la Nation, République Argentine", elle marque, une nouvelle étape dans la lutte qui oppose depuis des mois, Cristina Kirchner et ce qu'on appelle les "fonds vautours". Cette annonce légale informe les détenteurs de dette argentine, que Buenos Aires a décidé de se passer de la banque américaine qui gérait jusqu'ici ses paiements internationaux. L'affaire embarrasse Paris, puisque l'Argentine a décidé, à l'avenir, de passer, notamment, par la France pour contourner la justice américaine. La France, parce que s'y trouve, le "Club de Paris", qui réunit les créanciers publics des pays surendettés. Concrêtement, l'argentine propose, un échange des titres de dette. Ils sont, aujourd'hui, "couverts" par les Loi de New York, notamment. Buenos Aires propose de les transformer en droit argentin, et en droit français. Le but est clair, c'est de se soustraire à la justice américaine, qui a décidé de bloquer les versements argentins, tant que les "fonds vautours" n'auront pas été payés, dans les conditions qu'ils souhaitent, et que le droit américain leur accorde. C'est cette décision qui a provoqué, fin juillet, le défaut de paiement partiel du pays. Hier, à la tribune de l'ONU, Cristina Kirchner, qui pour certains tente avec cette histoire de masquer son propre échec économique, a dénoncé, à nouveau, le "harcèlement des fonds vautours". Elle répète que l'Argentine "veut, peut et va payer sa dette". Mais pour cela, et c'est écrit en tout gris dans le Monde, la présidente argentine verrait bien Paris accueuillir ses "réfugiés financiers".

Glissade. L'euro est tombé sous 1 dollar 28, hier. Au plus bas depuis 14 mois. Depuis le début de l'année, l'euro a perdu 7%.Glissade. La Baromètre Posternak-IFOP sur l'image des grandes entreprises françaises. Avec France Inter. En tête du palmarès, l'inamovible Yves Rocher. Puis Airbus, Intermarché.Avec la grève, Air France recule de 10 places.Trompe-l'oeil. La baisse du chômage en août, un parfait "trompe l'oeil". 11 100 chômeurs de moins, mais parallèlement 29 000 sorties suplémentaires des listes de Pôle Emploi pour "défaut d'actualisation". C'est très souvent le cas en août, les "oublis" de réinscription sont nombreux. Et le mois dernier, on a atteint un pic, proche de celui connu au moment du "bug" de SFR.

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