C'est Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvrière, qui a eu cette formule, la semaine dernière, à propos de la réforme des retraites que prépare le gopuvernement: "pour l'instant, nous n'avons que des pistes... que des ballons d'essai. Il y a même tellement de ballons sur le terrain qu'on ne sait plus dans lequel taper!". D'autres responsables syndicaux, impliqués dans les discussions avec le gouvernement, le confirment: ils viennent de vivre un drôle d'été. Une saison passée avec des conseillers ministériels qui n'ont eu de cesse de tester sur eux, des pistes de réforme. Tester, en fait, jusqu'où les syndicats sont prêts à aller. Ou ne pas aller. "Si on fait ça, qu'est-ce que vous dites? qu'est-ce que vous faites?". "Parfois, raconte un négociateur syndical, on nous présentait une piste comme "privilégiée", mais elle était abandonnée, quelques jours plus tard, parce qu'une autre organisation (syndicale ou patronale) s'y était opposé. Cette méthode n'a pas plus à tout le monde. La négociatrice d'un syndicat approuve, malgré tout: "le gouvernement joue correctement le jeu de la concertation" dit-elle. Cela dit, le suspense devrait, peut-être, prendre fin aujourd'hui, avec la reprise des consultations, cette fois-ci officielles, à Matignon: le Premier ministre reçoit, une à une, les organisations syndicales et patronales pour leur dévoiler... ce qui pourraient être encore que des pistes! "Rien est encore décidé" a assuré Jean-Marc Ayrault, hier soir, en tout cas sur le point le plus sensible de la réforme: celui de son financement. Et pour le coup, un "ballon d'essai" semble se dégonfler, un peu: l'idée de passer par une augmentation de la CSG. Cette idée s'éloigne. "En juillet, cette piste n'était pas du tout évoquée, lors de nos rencontres, au ministère" raconte un négiociateur syndical, "l'hypothèse CSG" n'est apparue qu'après la pause de début août... "sans doute poussée par le Medef", poursuit-il. Le Medef qui préfère faire payer la réforme par les salariés eux-mêmes. Une hausse de la CSG est devenue quasi-certaine, pendant quelques jours. Mais depuis vendredi, elle "perd du terrain" (pour filer la métaphore sportive jusqu'au bout). Au moment de décider, le gouvernement donne l'impression d'hésiter: faut-il augmenter la CSG, ou plutôt les cotisations? Faut-il privilégier le pouvoir d'achat (des ménages), ou la compétitivité (des entreprises)?. Réponse aujourd'hui. Ou, un peu plus tard.

Plus. Jean-Marc Ayrault rajoute des économies aux économies. Au moment où on ne parle que du "ras-le-bol fiscal" et de la hausse des impôts, le Premier ministre, hier soir à la télé, a insisté sur les économies programmées dans le budget de l'année prochaine. Et Jean-Marc Ayrault, sur ce plan-là, a décidé d'en annoncer un peu plus. "L'Etat va faire 10 milliards d'économies en 2014" a-t-il dit. C'est un milliard supplémentaire, par rapport à ce qui était prévu jusqu'ici.Plus. 50 mille emplois d'avenir (les emplois aidés, version Hollande) ont déjà été signés. "Le cap a été franchi, la semaine dernière" annonce Michel Sapin, le ministre de l'emploi.Plus. La perspective d'un 3ème plan d'aide à la Grèce se précise. Athènes va devoir faire face, l'année prochaine et en 2015, à un besoin de financement de 10 milliards d'euros. Le gouvernement grec, hier, a dit espèrer que l'Europe, prête à l'aider, n'imposera aucune nouvelle mesure d'austérité, en échange.

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