Hier après-midi, Arnaud Montebourg est arrivé, avec 50 minutes de retard, dans la grande salle de l'Hôtel des ministres, à Bercy. Au 7ème étage. Les journalistes étaient venus, conviés à une conférence de presse, "il n'y aura pas questions" a finalement annoncé sa communication. Quelques instants avant l'arrivée du futur ex-ministre, les membres de son cabinet, qui l'attendaient comme tout le monde, ont été priés de le rejoindre pour aussitôt, revenir et l'entourer devant les caméras et les appareils photo, le temps de remonter le long couloir menant à la salle. Sa sortie, à peine 10 minutes plus tard, se fera, elle, par une porte dérobée. Dans le 20h de TF1, un plus tard, Arnaud Montebourg l'avouera: "je n'avais pas prévu que les choses s'accélèrent de cette manière". Dans la grande salle de Bercy, le même sentiment domine parmi les conseillers du ministre, même s'ils savaient, qu'au fond, avec le tempérament de leur patron, ça devait, forcément, un jour, finir ainsi. Pour sa déclaration de sortie, le ministre reprend les arguments de son discours de la veille, à Frangy-en-Bresse, quelques précautions en moins. "Les politiques décidées par les gouvernements (européens) sont la cause de la prolongation de la crise et des souffrances" lâche-t-il d'entrée. En l'écoutant, on est encore frappé de constater que ses positions ne restent pas si éloigées de la ligne fixée par François Hollande: pas de rejet de la politque d'offre, par exemple. Mais un appel à un rééquilibrtage en faveur des ménages. Arnaud Montebourg le dit lui-même: il proposait des solutions alternatives "modérées, équilibrées, raisonnables et compatibles avec les grandes orientations (...) décidées". Après l'avoir écouté, hier, quitter Bercy, on reste toujours aussi perplexe face à la dénonciation de cette austérité qui, en France, selon lui, ferait des ravages: les 50 milliards d'économies promis pèsent peu, rapportées au plus de mille milliards de dépenses publiques annuelles. D'ailleurs, il n'en conteste pas la nécessité. Mais, un argument, cela dit, fait mouche: "sans croissance, les politiques de réduction des déficits aboutissent précisément à la non-réduction des déficits, et sont donc une absurdité financière" lâche Arnaud Montebourg . "En plombant la croissance, poursuit-il, elles empêchent, par la chute de l'activité, la réalisation de leurs propres objectifs". "Les politiques d'austérité ne marchent pas. Et en plus d'être inefficaces, elles sont injustes".

Négatif. La France s'est endetté, hier... à des taux négatifs! Ce qui veut dire que les investisseurs, hier, ont accepté de payer pour acquérir des titres de dette française. A très court terme (3 et 6 mois)... mais la détente s'est aussi ressenti sur les taux à 10 ans, tombés à 1,31%. Rien à voir avec la démission du gouvernement Valls, le mouvement est général dans la zone euro, "dopée" par les propos, ce week-end, du président de la Banque Centrale Européenne. Mario Draghi qui s'est dit prêt à prendre de nouvelles mesures pour soutenir l'activité économique en Europe. Une déclaration qui provoque, également, un recul assez net de l'euro, passé sous le seuil d'1 dollar 32.

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