Ca c'est fait en 2 temps. Il y a d'abord eu (c'était jeudi dernier), la publication de la "déclaration d'intérêts" de chacun des ministres. C'est une des conséquences de l'affaire Woerth-Bettencourt: les ministres sont désormais tenus de rendre publique, non pas l'étendue de leur patrimoine, mais l'existence de tous leurs biens et avoirs dont la valeur est (je vous lis la définition officielle) "suceptible d'être directement influencée par des décisions du gouvernement". C'est une définition possible du conflit d'intérêts. Et c'est comme ça qu'on a appris que François Fillon détient des actions EDF. Que Luc Chatel, le ministre de l'Education Nationale place ses économies au Crédit Agricole. Et que Chantel Jouanno, son homologue des sports, a du Pernod-Ricard dans son portefeuille boursier. Parmi les situations pouvant mener à un éventuel conflit d'intérêt, certains observateurs notaient, déjà à ce stade, que Christine Lagarde annonçait détenir des parts dans une société: Applicatour, un éditeur de logiciels pour les agences de voyages. Le montant de cet investissement n'est pas officiel (on sait, maintenant, qu'il est de 35 mille euros), mais il permet à la ministre de réduire -évidemment en toute légalité- le montant de son Impôt sur la fortune. Le dispositif s'appelle "ISF-PME". Christine Lagarde le connaît bien puisque c'est elle qui l'a défendu au Parlement. L'affaire se corse un peu, pour la ministre, avec le "2ème temps" de l'histoire. C'était vendredi, juste avant le long week-end de Pâques: le mensuel "Acteurs publics" en dit un peu plus sur ce qu'est, exectement, cette société Applicatour. Elle a été crée en 2003, par Stanislas Drouin, alors âgé de 23 ans. Il est le fils de François Drouin, qui va devenir, fin 2007, le président d'Oséo, "la banque publique des PME", pour faire court. François Drouin est alors choisi par... Christine Lagarde. Qui décidera donc, une première fois en 2008 [NOTE: l'entourage de Christine Lagarde précise que c'est, en fait, le 15 juin 2009 que la ministre a investi pour la première fois dans Applicatour], puis une 2ème fois en 2010, de mettre de l'argent dans la société du fils du patron d'Oséo. Oséo qui accordera, parallèlement, sa garantie à un prêt de 200 mille euros, à Applicatour, la société du fils. Du côté de Christine Lagarde, on rappelle que rien n'est illégal dans toute cette opération: "la ministre a investit dans une entreprise innovante". Et il n'y a rien de plus à dire. François Drouin, le patron d'Oséo, lui, explique qu'il n'est pas "en affaire" avec la ministre. Qu'il n'est jamais intervenu dans le dossier de son fils. Et que Christine Lagarde n'a pas été informée ("Bercy ne l'est jamais") de la demande de cautionnement public. Les grandes compagnies pétrolières sont dans le collimateur de la Maison Blanche. De l'autre côté de l'Atlantique aussi, les prix de l'essence ont retrouvé leur niveau record de 2008. La barre symbolique des 4 dollars le gallon (un gallon = 3,78 litres) vient d'être franchie dans plusieurs Etats américains. Alors que la compagnies pétrolières s'apprêtent à publier leurs résultats financiers -"record" eux aussi- le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré, hier, que Barak Obama réfléchit à supprimer toutes les subventions accordées, à titres divers aux Etats-Unis, aux compagnies pétrolières. 2 milliards. 2 chèques d'1 milliard d'euros chacun, à l'odre du Trésor public. Renault et PSA terminent, aujourd'hui, de rembourser à l'Etat l'aide accordée au pire moment de la crise financière.

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