"Pompier pyromane", c'est ainsi que François Chérèque qualifie Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie. Le patron de la CFDT commentait, hier, le conflit qu'on vient de vivre chez Total. Je dis "qu'on vient de vivre" (tous ensemble...) parce qu'après tout, avec la crainte d'une pénurie d'essence, et même les "pleins de précaution" que certains ont fait, tout le monde était directemernt concerné! Hier donc, François Chérèque tirait le bilan de cette grève, et dressait ce constat: elle aurait pu être évitée! D'abord, dit-il -pour mettre en valeur sa propre centrale syndicale- si les choses avaient été simplement anticipées. En organisant, par exemple, la "table ronde sur l'avenir du raffinage" que la CFDT réclamait, depuis plusieurs semaines, mais que la direction de Total et la CGT rejetaient. Ironie de l'histoire: la tenue d'un telle table ronde, va devenir, par la suite, une des revendications de la CGT. Mais surtout, François Chérèque pointe un responsable principal: le gouvernement. Représenté par Christian Estrosi, accusé, donc, d'être celui qui a mis le feu, et qui explique, aujourd'hui, que c'est grâce à lui que l'incendie a été éteint. Depuis l'Irak où il était en visite, le ministre de l'industrie a réagi à cette accusation: "Monsieur Chérèque ne connaît pas le dossier, ou c'est un menteur. C'est l'un ou l'autre". L'implication du gouvernement dans cette affaire, en tout cas, est évidente. Publique même, mais c'est vrai uniquement pour la partie "j'essaie d'éteindre l'incendie": A Bercy, Christian Estosi, dimanche dernier, convoque Christophe de Margerie. Et la presse. A l'Elysée, on fait savoir que Nicolas Sakozy a reçu les patrons de Total: Thierry Desmarest, le lundi. Christophe de Margerie, le lendemain. Les communiqués officiels fusent également. Mais, ce que dit François Chérèque, c'est que le gouvernement est intervenu, plus tôt dans ce dossier. Et là très discrètement et maladroitement, en réclamant que Total renonce à annoncer les modalités de la fermeture de la raffinerie de Dunkerque, avant les élections régionales. Les syndicalistes, présents au Comité d'Entreprise du 1er février le confirment: alors qu'elle l'avait promis, la direction -embarassée- renonce, finalement, à dévoiler son Plan. Et renvoit cette annonce à l'été: c'est bien cette décision, dictée par le gouvernement: tous les acteurs en sont convaincus, qui va chauffer les esprits: et convaincre les salariés de suivre Dunkerque dans la grève. Avec la suite que l'on connaît. Un cafouillage... Total! Les autorités américaines enquêtent sur les agissements des banques de Wall Street... en Grèce! Et Goldman Sachs est , évidemment, particulièrement visé par ces 2 enquêtes. L'une menée par la Réserve Fédérale. L'autre par la SEC, le gendarme de la bourse, aux Etats-Unis. Ces banques vont devoir s'expliquer sur la vente à la Grèce de produits financiers complexes qui lui ont permis de cacher l'ampleur de sa dette. Goldman Sachs affirme que tout était légal. Une dette qui inquiète, à nouveau, les marchés. Une nouvelle agence de notation menace de dégrader la note internationale de la Grèce. L'euro, du coup, a fortement reculé, hier. Comme la bourse. Air France KLM... lourdement déficitaire. Selon le Figaro, la compagnie aérienne s'apprête à annoncer des pertes d'un 1,3 milliards d'euros. 10 fois plus que l'année dernière! 11 milliards. Les banques françaises renouent, elles, clairement cette année avec les bénéfices. Au total, les 5 plus grands banques du pays ont engrangé 11 milliards de profits, en 2009.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.