« Ici, c’est dans les couloirs que ça se passe. C’est là qu’on fait les meilleures rencontres ». C’est un habitué de Davos, un Chinois, qui expliquait ça, hier soir. C’était lors du « pot de bienvenue », organisé dans le Centre de Conférence de Davos. On venait de passer les contrôles de sécurité. On avait parcouru, dehors au froid, les 300 mètres séparant l’entrée, du Centre lui-même, parcours à bord d’une voiturette électrique (genre mini-voiture de golf), un parcours encadré par de hautes barrières de sécurité (c'est aussi ça Davos !) et on était, donc, enfin au beau milieu des invités du Forum. Hier soir, les conversations n’étaient pas encore tout à fait sérieuses : la situation économique, l’avenir de la zone euro, l’incontournable « guerre des monnaies », « la crise sociale qui couve », n’étaient pas les principaux sujets de conversations : les discussions commencent véritablement à 9h, tout à l’heure. Hier soir, non, l’humeur était plutôt badine, l’heure étaient aux « retrouvailles ». Chacun reprenait aussi les bons réflexes de ce genre de rendez-vous : toujours un œil sur le badge d’accréditation de son voisin (qui est ce monsieur ? Qui est cette dame ? Qu’est-ce qu’il, ou elle, pourrait m’apporter : une idée, un contrat..). Ici évidemment, on a la «carte de visite assez facile» : on en distribue à tour de bras, dans l’attente d’une rencontre intéressante. Et on en revient aux couloirs : effectivement (tout le monde le dit), c’est un peu là que tout se passe parce que c’est, selon Klaus Schwab, le «patron» du Forum -son fondateur-, c’est, selon lui, ça «l’esprit de Davos» : tout le monde est sur un pied d’égalité. Tout le monde doit pouvoir parler à qui il veut. Pour échanger des expériences, s’enrichir (au sens «culturel» du terme). Peut-être aussi en monnaie sonnante et trébuchante (je ne sais pas combien véritablement de contrats se nouent ici). On va, donc, voir à l’usage. Un patron, hier soir, expliquait en tout cas : «ici, il y a trop de gens importants… pour se permettre de frimer». Davos, 1er jour. Couip d'envoi. Les premières rencontres (informelles) du 41ème Forum économique mondial, le «grand rendez-vous annuels des grands décideurs de la planète». ont débuté, hier. Mais le coup d’envoi officiel, c’est bien aujourd’hui, avec notamment l’intervention de Dimitri Medvedev. Les organisateurs du Forum, ici à Davos étaient rassurés, hier soir. Après l’attentat à l’aéroport de Moscou, le Président russe avait d’abord annoncé qu’il reportait sa venue. Finalement, il viendra. Et prononcera le discours d’ouverture du Forum (un « grand honneur » ici). Puis il devrait se prêter au jeu des questions/réponses avec la salle. On devait beaucoup parler « business » : comment faire des affaires en Russie? La tonalité pourrait être, finalement, très différente. Le climat des affaires s’améliore dans le monde, selon le traditionnel sondage publié, chaque année, au début du Forum. Sondage auprès des très grands patrons de la planète. Selon eux, ça va beaucoup mieux : ils ont retrouvés leur optimisme d’avant crise. Et ils le jurent : ils ont retenu la leçon et prennent moins de risques aujourd’hui.

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