C'est la première leçon à retenir du milliardaire : ne jamais faire quelque chose gratuitement (ça doit être comme ça qu'on devient riche). Hier, le Forum de Davos avait convié les journalistes accrédités à un déjeuner de bienvenue, dans un hôtel (plutôt moyenne gamme) de la station. Invité vedette : le financier américain George Soros. "Il vous livrera son analyse de la crise" précisait l'invitation. En fait, Soros est venu vendre son dernier livre, tout juste sorti. Je traduis le titre de la seule version anglaise disponible pour le moment : "la tempête financière en Europe et aux États-Unis". Grand seigneur, George Soros a offert un exemplaire à chaque convive. À 82 ans, il est apparu plutôt fatigué. Il a fallu presque, systématiquement, lui répéter à l'oreille les questions qui lui étaient posées. Mais à part ça, George Soros n'a pas perdu son sens de la formule, ni celui de la synthèse. En quelques mots, il vous résume à la fois, les mécanismes profonds et anciens qui ont mené à cette crise financière (la dérégulation des années Reagan-Thatcher) mais aussi ces tous derniers développements. Soros a la dent dure contre les dirigeants européens, "qui ont multiplié les bévues parce qu'ils ne comprennent rien aux marchés financiers" (la critique vient de quelqu'un qui a passé sa vie à spéculer sur les devises : c'est lui qui a fait "sauter" la Banque d'Angleterre, dans les années 90). George Soros critique, aussi, l'Allemagne qui envoie l'Europe dans le mur, en imposant la rigueur partout à tout le contient Le financier Soros renouvelle sa proposition : que la BCE (par un astucieux et complexe contournement des Traités) prête des milliards d'euros à 1%, directement aux États européens en difficulté. (En France, Michel Rocard et l'économiste Pierre Larrouturou défendent la même idée). Soros, né à Budapest, prévient : si l'Europe persiste dans l'erreur et la rigueur, ce qui se passe aujourd'hui, en Hongrie (un pays en crise, gagné par le populisme) deviendra le sort de tout le continent.

Ultra-compétitive. Angela Merkel, sans surprise, a d'abord redit son opposition à une nouvelle contribution de l'Allemagne, aux Fonds de secours européens. "Pas question de remettre de l'argent" a-t-elle redit. Elle prône, toujours, la rigueur budgétaire, et le lancement de réformes structurelles en Europe, comme l'assouplissement du Droit du travail (sur le mode allemand). L'Europe doit devenir ultra-compétitive, ou se transformera en simple lieu d'accueil pour touristes. Mais alors notre niveau de vie déclinera, a-t-elle affirmé.

Tim Geithner. Il sera, ici à Davos demain. Tim Geithner, le Secrétaire américain au Trésor, a annoncé, cette nuit, qu'en cas de réélection de Barack Obama, il ne restera pas en poste. "Le Président ne me proposera pas de rester".

Démenti. Autre invitée du Forum, attendue ici : Christine Lagarde. Le FMI qu'elle dirige, a démenti, cette nuit, faire pression sur la Banque Centrale Européenne, pour qu'elle aussi, efface une partie de la dette grecque qu'elle détient. On l'estime à 45 milliards d'euros. De passage à Paris hier, Christine Lagarde n'avait pas démenti si fermement.

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