4ème session, hier soir des "ONFI", les "Objets de la Nouvelle France Industrielle". Une initiative d'Arnaud Montebourg. Qui, disons-le, fait grincer des dents à Bercy. "Il a déjà trouvé un nouveau carburant nommé Barroso, ce week-end, qu'est-ce qu'il va inventer cette fois-ci encore" ironisait, hier, un fonctionnaire du ministère. Chaque mois, en fait, à Bercy, le ministre de Redressement productif organise cette soirée consacrée aux créateurs, à ceux qui innovent, aux "auteurs d'histoires extraordinaires" dit le ministre. On était tout près à ironiser, crier au gadget, à la comm', à la soirée à la gloire du ministre, on ressort une heure et demi plus tard, séduit. Par la forme, d'abord. Originale, minutée, très travaillée (en fait, chaque intervenant passe 5h avec une comédienne, pour préparer ce grand oral). Les patrons, qui montent sur scène, ont 15 minutes pour dévoiler, à la manière de Steve Jobs, un projet industriel, ou raconter comment ils ont réussi leur pari. Tous disent, au passage, combien le soutien de l'Etat (via Oséo, le FSI, le Crédit d'Impôt Recherche) a été primordial. Les clichés ne manquent pas: "le rêve devenu réalité", "entreprendre, c'est génial". Aucune intervention n'oublie la-petite-anecdote-qui-va-bien, et la morale finale: "en France, on a des idées mais pas que des idées". Mais, ça marche! Personne n'en fait trop. Pas même Arnaud Montebourg (à part, peut-être, son "vive le redressement productif, vive la République et vive la France" final). Hier, les dirigeants de SEB sont venus présenter leur concept de "cuisine numérique". Le patron de Smart Sensing, ses vêtements intelligents: des micros-puces incorporés au textile des tenues sportives mais dont les applications futures paraissent infinies. Par exemple, pour surveiller la santé de personnes âgées isolées. Le patron de Micromega a expliqué comment il a imposé son convertisseur de musique numérique, 100% français, dans le monde entier. Enfin, le patron du groupe Gorgé a expliqué comment l'entreprise qu'il vient de racheter, développe, aujourd'hui, la meilleure "imprimante 3D" du monde. Elle pourrait -on en sort convaincu- bousculer la façon de produire des objets à l'avenir. Dans la salle, les patrons présents, les étudiants, sont séduits. 2 jeunes, venus une première fois le mois dernier "par curiosité", racontent-ils, et revenus cette fois-ci "par intérêt", ressortent dopés à l'optimisme. "Ca donne envie d'avoir la bonne idée qui va marcher".

Arbitre. Pour la Cour des Comptes, le gouvernement aura bien du mal à tenir son objectif de déficit, pour cette année. Elle va servir, en quelque sorte, d'arbitre dans la polémique qui a opposé, hier, le gouvernement, la majorité, à la Droite. A propos de l'ampleur du dérapage des comptes publics. Selon les Echos ce matin, la Cour, qui doit rendre public son rapport demain, estime que le déficit public, à la fin de cette année, devrait dépasser les 3,7% promis par le gouvernement. Précisément, il sera entre 3,7 et 4% si la croissance reste positive. Mais si la France devait connaître une très légère récession, et c'est le scénario retenu, désormais, par l'INSEE, alors les déficits pourraient dépasser les 4%.

Contente. La France satisfaite du compromis qui se dessine, en Europe, sur la réforme de la Politique Agricole Commune. Elle renforcerait les aides accordées aux petites exploitations, ainsi qu'aux éleveurs. Un Accord final devrait être signé aujourd'hui.

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