A l'Assemblée, les "frondeurs" du PS continuent à batailler, à l'occasion de l'examen du projet de budget rectificatif. Leurs amendements sont rejetés, un à un. Parfois de justesse, comme hier, celui sur l'apprentissage, mais ils continuent. Continuent à dénoncer, notamment, des mesures qui font la part trop belle aux entreprises. Au Medef, il y a peu encore, on jurait rester à l'écart de ces débats: "on se fait tout petits", pour ne pas envenimer les choses. Mais, ça pourrait ne pas durer. Parce qu'à l'inverse exactement de ce que pensent certains députés socialistes, le patronat, lui, commence à trouver que le gouvernement accable trop les entreprises! Oui, trop! La gronde couve depuis plusieurs semaines. Elle menace, désormais, d'éclater. Classiquement, c'est par communiqués séparés, que la CGPME et les artisans de l'UPA ont, hier, allumé la mèche, en menaçant de ne pas participer à la grande Conférence sociale des 7 et 8 juillet prochains. Et c'est sur Twitter que le Medef envoyait un message identique: "y'a-t-il un quelconque intérêt à participer à (cette) conférence sociale?". Un hashtag suivait: #pénibilité. Les organisations patronales sont, en effet, vent debout contre cette mesure: la création d'un compte pénibilité pour chacun de leur salarié. Droit voté dans le cadre de la dernière réforme des retraites mais qu'elles qualifient de "formidable machine à compliquer la vie des entreprises". L'envoi, il y a 2 jours des projets de décrets d'application, a fini de les convaincre qu'il faut agir. Alors que les uns et les autres jurent qu'ils avaient obtenu la promesse d'un report, la mesure s'imposera, dès le 1er janvier prochain. Mais un autre dispositif les agite encore. Celui-ci entre en vigueur, la semaine prochaine, c'est l'interdiction des contrats de travail de moins de 24 heures hebdomadaires. "Dans certains métiers, c'est impossible à mettre en place", répète le patronat. Et si des dérogations sont possibles, au niveau des branches (certaines ont signé des accords), la CGPME continue à dénoncer cette "armada anti-emploi". Au Medef, on est d'accord. Et on ajoute un autre sujet de mécontentement: l'absence d'une trajectoire claire, précise, "sur 3 ans" de la baisse des charges et des impôts promise dans le cadre du Pacte de responsabilité. "On attend une prise de parole officielle sur ce point précis", dit un membre du Medef. Faute de quoi? Pourquoi pas boycotter la Conférence sociale? Hier soir, les 3 organisations patronales confrontaient leurs agendas pour caler, en début de semaine prochaine, une réunion. Et décider.

Rapide. La nouvelle écotaxe... sitôt annoncée, sitôt votée! C'est dimanche que Manuel Valls a révélé les contours du "péage de transit poids lourds", qui remplace l'écotaxe. Grosso modo, c'est la même chose, mais sur un réseau routier taxable réduit. Dès cette nuit, les députés l'ont validé, par un amendement glissé au projet de budget rectificatif. Au cours du débat, le gouvernement a reconnu être encore à la recherche des moyens pour compenser le manque à gagner.Allégée? BNP Paribas, accusée d'avoir violé des embargos américains, toujours en négociation pour limiter les sanctions qui l'attendent. Selon Reuters, la banque française espère contenir l'amende à 7/8 milliards de dollars, pour ne pas dégrader sa solvabilité. Elle espère aussi limiter l'interdiction de traiter des opérations en dollars à certaines zones géographiques, ou à certains métiers.

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