Ca ressemble fort un "ballon d'essai", comme on en voit passer, de temps en temps. Celui-ci, vraissembablement, doit permettre de vérifier, une dernière fois, que le projet ne fera pas vagues. Hier, le Journal du Dimanche a révélé que le gouvernement s'apprête à renoncer à poursuivre la réforme du Livret A. C'était, pourtant, l'une des promesses du candidat Hollande. Engagement n°22, "je veux faire construire plus de logements". C'est là que le doublement du plafond du Livret A était évoqué. Mais pour être juste, il ne s'agissait, sous la plume du candidat Hollande, que d'un moyen pour atteindre l'objectif, pas d'un but en soi. L'objectif (construire plus de logements), à ce stade, n'est pas atteint, on en est même loin, le moyen, lui, va disparaître. Selon le JDD, Bercy s'apprête, donc, dans les jours qui viennent, à renoncer à ce doublement du plafond. A vrai dire, ce n'est pas une surprise: les banques, les assureurs n'ont jamais soutenu ce projet. Parce qu'une grande partie de l'argent du Livret A leur échappe, géré directement par la Caisse des Dépôts. Bercy, non plus, n'a jamais été emballé par l'idée d'un doublement du plafond du Livret A parce qu'un afflux d'argent vers lui, détourne mécaniquement, ces sommes du financement des entreprises. Ce sont ces arguments, déjà, qui ont pesé, dès le début du mandat de François Hollande, et qui ont fait que le doublement, d'un coup sec et sans bavure, du plafond du Livret A n'a pas été retenu. On a décidé de procéder par étapes: une première hausse de 25% en octobre 2012. Une autre (toujours de 25%), au 1er janvier 2013. La suite devait venir (pour atteindre les 30 600 euros promis) mais on va, donc, s'arrêter là. Dans le JDD, une source anonyme citée ("ancien collaborateur de Pierre Moscovici à Bercy", est-il quand même précisé) lâche, ce que tout le monde avait deviné depuis longtemps, et qui en dit long sur la sincérité des promesses: "le doublement du plafond du Livret A n'a, en fait, jamais été à l'ordre du jour"'. Son "faux-abandon" est-il un drame,? Non: seuls 8% des Livret A atteingnent le plafond actuellement. Et en cette période de "désépargne", moment où les ménages ont plus tendance, par nécessité, à piocher dans leur Livrets plutôt qu'à le remplir, ce chiffre ne devraient pas grimper. Les offices HLM, qui s'appuient sur l'argent du Livret A, pour financer leurs constructions, seront-ils pénalisés? Quelques-uns disent oui, et montent au créneau. A Bercy, on l'assure: ils ne manquent pas d'argent.

Encore trop. On produit encore trop de voitures en Europe. C'est l'avis, en tout cas, d'Alan Mulally, le patron de Ford, qui quittera ses fonctions le 1er juillet prochain. Dans une interview qu'il accorde, ce matin, au Financial Times, il estime que les constructeurs automobiles européens sont toujours en surcapacité. Le journal rappelle les chiffres: on vend, en Europe aujourd'hui 4 millions de voitures de moins (par an) qu'avant la crise financière. Des lignes de production tournent au ralenti. Surtout, des usines ont été fermées, mais pour le patron de Ford "pas assez". Et si les efforts ne sont pas poursuivis, alors, dit-il, les difficultés pour les constructeurs "vont s'exacerber".Depuis le début de l'année en Europe, les ventes de voitures sont reparties à la hausse, mais pour les experts c'est pluss l'effet des promotions proposées, que d'un rebond de la demande.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.