L'avertissement vient de quelqu'un qui, a priori, n'est pas le plus méchant de l'histoire. Olivier Blanchard est le chef économiste du Fonds Monétaire International. Ce n'est pas quelqu'un qui dit, sans cesse "austérité, austérité, austérité". Il a su reconnaître ses erreurs, également, par le passé. Pour faire court (et caricatural): il n'est pas Wolfgang Schäuble, le rigoriste ministre allemand des Finances. Olivier Blanchard, par exemple, dit ça à propos de la Grèce: "le FMI a une position flexible sur ce qu'Athènes doit faire" (pour redresser ses comptes). Flexible. Mais, Olivier Blanchard adresse, malgré cela, un avertissement sérieux au gouvernement grec: "vos efforts, à ce stade, restent encore insuffisants". C'est dans une interview accordée aux Echos, ce matin, que le chef économiste du FMI s'exprime ainsi. Intéressant, parce qu'on sort d'un week-end, marqué par des déclarations "chocs" de membres du gouvernement grec, ou de responsables du parti qui le soutient Syriza. Pour eux, c'est clair: Athènes est à quelques jours du défaut de paiement. En juin, la Grèce ne pourra plus honorer ses engagements. On le disait, ici même, hier: le 5 juin, elle devrait encore être en mesure de payer ses fonctionnaires, les pensions de retraites et aussi l'échéance de 300 millions de dollars, au FMI. Mais après, il restera encore plus d'un milliard à rembourser... Sans accord d'ici-là, avec ses créanciers, on va, donc, tout droit au clash. Dans le Financial Times de ce matin, on imagine un scénario "à la Chypriote": les Grecs (comme les Chypriotes en 2013) n'auront, alors, pas le choix: ils ponctionneront tous les comptes, tous les dépôts du pays. Olivier Blanchard, lui, estime qu'il existe beaucoup de scénarios possibles, en cas de faillite de la Grèce, "du contrôle des capitaux... à la sortie l'euro". "Nous espérons tous les éviter", ajoute-t-il. L'économiste (d'une certaine façon "juge et partie" puisque la Grèce doit beaucoup d'argent... au FMI, l'institution qu'il représente) résume la situation: pour cette année, on demandait à la Grèce, 3% de surplus budgétaire, "on sait maintenant que c'est probablement irréaliste", dit-il. D'autant que la Grèce est à nouveau en déficit. A partir de là, la solution est simple: les Européens vont devoir payer à nouveau. Et la Grèce, en échange, doit promettre des réformes. Le FMI cible le sytème grec des retraites, jugé "trop généreux", et les fonctionnaires grecs "trop nombreux". Les négociations reprennent aujourd'hui.

Libor. A Londres, commence aujourd'hui le premier procès du scandale du Libor. C'est un ancien trader (qui a travaillé pour la banque suisse UBS, puis pour l'Américaine Citigroup) qui comparait à partir d'aujourd'hui. D'autres devraient suivre. Il plaide "non-coupable" mais est poursuivi pour avoir participé à la manipulation des cours du Libor. Le Libor, c'est un taux d'interêt interbancaire... important, au final, pour vous et moi, parce qu'il détermine la rémunération de nombreux produits financiers, ou produits d'épargne. Les banques impliquées dans ce scandale (et dans celui, de même genre, sur les taux de changes)... ces banques ont payé des milliards d'euros, de livre sterling ou de dollars, pour éviter, elles, d'être renvoyées devant un tribunal.

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