L'éco du jour par Régis Lachaud. _____ Vous l'avez sans doute remarqué, à chaque fois que le chômage repart à la hausse en France. La polémique rebondit autour des chiffres officiels et de leur fiabilité. Et, du coup, on modifie les règles du jeu. Cette fois encore, ça n'a pas raté ! La publication des mauvais chiffres de février, hier soir, s'accompagne d'un changement des statistiques de demandeurs d'emplois. Oubliées les anciennes catégories 1 à 8. Voici les nouvelles catégories A, B, C, D, E. Cinq au lieu de huit. Selon Pôle emploi, l'objectif est de clarifier l'information disponible en matière de chômage. Clarifions donc. La nouvelle catégorie A regroupe les demandeurs d'emplois qui n'ont pas du tout travaillé pendant le mois mais qui recherchent tout type de contrat (CDI, CDD, temps partiel ou intérim) ; alors que l'ancienne catégorie 1, elle, regroupait les demandeurs d'emplois qui recherchent un CDI, seulement, et qui ont travaillé moins de 78 heures dans le mois. C'est vrai qu'on y voit plus clair. En fait, la période actuelle n'est sans doute pas idéale pour modifier ces règles statistiques. On imagine déjà les soupçons de manipulation. Plusieurs syndicats évoquent d'ailleurs "la volonté de minimiser le nombre réel de demandeurs d'emplois". Pourtant, pourtant... quand on regarde les chiffres, ce serait plutôt le contraire, paradoxalement ! Pôle Emploi a recalculé les chiffres de janvier avec les nouvelles règles. Et c'est encore pire qu'avant. On arrive à 100 000 demandeurs d'emplois supplémentaires, et non plus 90 000. En résumé, les nouvelles règles vont encore accentuer la forte hausse du chômage due à la crise actuelle. Et donc alimenter la morosité ambiante. Pôle emploi recense, fin février, un total de 3 millions 604 700 demandeurs d'emplois actifs (catégories A,B et C), plus 416 500 personnes inscrites qui n'ont réalisé aucun acte positif de recherche d'emplois (catégories D et E). Autrement dit, au-delà des nuances statistiques, le sous-emploi concerne globalement quatre millions de personnes en France. 80 000 chomeurs de plus en février. Ce sont donc les chiffres publiés hier par Pôle emploi. Après déjà 90 000 en janvier. Les jeunes sont les plus touchés par cette conséquence essentielle de la récession. Le chômage augmente et Pôle emploi modifie les catégories statistiques. Six entreprises françaises sur dix sont actuellement touchées par la crise. C'est le principal enseignement d'une enquête réalisée par Via Voice pour le quotidien "Les Echos" et l'association des chambres de commerce et d'industrie (l'ACFCI). 58% des Français placent les banques en tête des responsables de la crise mondiale, selon un autre sondage, réalisé par TNS-Sofres pour le Syndicat de la presse quotidienne régionale. Les dirigeants politiques (cités par 41% des personnes interrogées) arrivent en seconde position. Le débat sur la rémunération des patrons continue. Laurence Parisot refuse d'aller au-delà du code éthique mis au point par le MEDEF et l'AFEP. "C'est à l'Etat de décider des règles !" a réaffirmé hier la présidente du Médef, lors d'une audition à l'Assemblée Nationale. Une réunion s'est tenue hier soir à l'Elysée avec des membres de la majorité parlementaire et du gouvernement. Résultat, pas de nouvelle loi mais des mesures ciblées sur les entreprises aidées par l'Etat. Elles devraient être annoncées la semaine prochaine, lors de l'examen au Sénat du collectif budgétaire.

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