C'est dans 3 semaines que commencera, formellement, le débat sur la réforme des retraites. A la mi-avril, avec la publication du rapport du COR, le Conseil d'Orientation des Retraites. C'est lui qui va donner le coup d'envoi du processus. Et -on le sait- Nicolas Sarkozy s'est donné 6 mois, ensuite, pour boucler le dossier. Ce rapport du COR, tant attendu, doit révéler les données financières du problème, avec cette question: combien d'agent faut-t-il, faudra-t-il, pour assurer la retraite de tout le monde? De là, découlera l'ampleur de l'effort qui sera demandé aux Français. C'est donc un Rapport essentiel qu'on attend. Et sa préparation vient de provoquer un premier incident. Petit incident, certes (en fait, un échange assez vif entre les syndicats et le Médef lors d'une réunion mercredi) mais un épisode plutôt rare au sein du COR, qui traditionnellement est un lieu de dialogue et d'échange. Une institution qui marche au compromis. Pas aux menaces. Au cours de la réunion de mercredi, la CFDT, pourtant a menacé de ne pas signer le rapport. De ne pas le cautionner. Ce qui à l'échelle des enjeux pourrait s'assimiler (j'exagère à peine...) au largage d'une bombe atomique: commencer des discussions sur la réforme des retraites, sans la CFDT, et peut-être d'autres syndicats tout autant fâchés, serait évidemment très compliqué pour le gouvernement qui "ne veut pas passer en force". L'objet du litige, c'est ça: le Rapport du COR qu'on attend doit présenter 7 scénarios différents (7 scénarios, et 2 variantes pour être exact). Chaque membre du Conseil (syndicats, patronat ou représentants du gouvernement) a pu demander que certaines hypothèses soient étudiées (sans forcément le dire publiquement): relèvement de l'âge légal de la retraite, allongement de la durée de cotisation, ou encore augmentation des cotisations. Ce qui fâche les syndicats, c'est que 2 scénarios soumis à évaluation, sont extrêment "durs": l'un propose, par exemple, un passage de l'âge légal de départ en retraite de 60 à 65 ans, couplé à un recul à 70 ans de l'âge pour obtenir une retraite à taux plein, quelque soit sa durée de cotisation. C'est ce qui a fâché la CFDT: pourquoi étudier un tel scénario, alors que personne ne propose de prendre de telles décisions. Au COR, on répond: "simple exercice intellectuel. C'est pour voir. Ca n'engage à rien". Le syndicat de François Chérèque lui, l'explique autrement: c'est évidemment pour faire peur. Et c'est une manoeuvre tactique: annoncer le pire (avancer un scénario-catastrophe) pour faire passer des mesures, qui apparaîtront du coup, bien moins sévères. Quoiqu'il en soit, le Médef, hier soir, faisait savoir que ce n'est pas lui qui a demandé l'examen de ces hypothèses "très sombres". Les yeux se tournent du coup, vers le gouvernement. La croissance économique française va rester très, très faible jusqu'à cet été. C'est ce qui ressort de la "note de conjoncture", que publie l'INSEE. L'Institut parle d'une "reprise sans tonus". Il réduit même de moitié sa prévision de croissance pour le 1er trimestre (qui s'achève): +0,2%. Il ne reste plus grand chose. C'est, surtout, la faiblesse de la consommation des ménages qui explique cette croissance molle. Avec le retour de l'inflation, la fin des mesures "anti-crise", c'est le pouvoir d'achat qui trinque. Selon l'INSEE, 1 entreprise sur 3 ne prévoit pas d'augmentation de salaires, cette année. 80.000 emplois devraient disparaître d'ici à l'été. La zone-euro. Dans ce contexte, régler la crise dans la zone euro était une priorité. Les dirigeants européens sont, finalement, parvenus à un accord, hier à Bruxelles. Un système d'aide financière (que pourra actionner la Grèce, en dernier recours) a été entériné: il mèle prêts directs des Etats et recours au FMI.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.