Je ne l'apprends à personne : les mesures de chômage partiel (ou chômage "technique", c'est pareil) se multiplient en France, depuis plusieurs semaines. Dans le secteur automobile d'abord : selon François Fillon, il y aurait 1 million de voitures neuves en stock, aujourd'hui, "une situation "pratiquement jamais vue", affirme le Premier ministre. Pour ramener les stocks à des niveaux plus acceptables, les constructeurs n'auraient donc pas d'autres choix que d'arrêter la production. Même Toyota s'y met : son site d'Onnain, près de Valenciennes, va fermer 2 semaines en décembre et une semaine en mars. L'annonce en a été faite, aux salariés hier. Les sous-traitants automobiles (Faurecia, Michelin...) sont poussés à faire pareil. La chimie, également, vient d'annoncer des mesures de chômage partiel (Rhodia, par exemple, à Valence). Pour les salariés évidemment, c'est une punition : la perte de salaire, quand on gagne un peu plus du SMIC, peut aller de 200 à 350 euros. D'où cette proposition, hier, de Nicolas Sarkozy, une proposition "à double détente". D'abord, en droite ligne de sa déclaration récente "mieux vaut un CDD que le chômage", le Président affirme "mieux vaut du chômage partiel que du chômage tout court". Il propose, donc, un assouplissement des règles permettant le recours au chômage technique : les industriels pourraient l'utiliser 6 semaines consécutives, contre 4 aujourd'hui. Ensuite, le chômage partiel doit être mieux "payé", affirme le Chef de l'Etat qui propose de porter l'indemnisation minimale versée aux salariés au niveau du SMIC. Grosso modo, il s'agit de doubler ce qui se fait aujourd'hui. Pour le gouvernement, au final, cette double-mesure est équilibrée : elle doit ravir les patrons, qui trouvent là une souplesse supplémentaire. Elle doit satisfaire les syndicats en leur accordant la meillieure indemnisation qu'ils réclament depuis longtemps. Au prix, cela dit, d'une précarité plus grande. "Moindre mal" ou "effet pervers de la crise", chacun jugera. La relance sur toutes les lèvres. En paraphrasant De Gaulle, on pourrait dire que tout le monde, aujourd'hui, "saute sur sa chaise comme un cabri en disant "relance, relance, relance". Après la Grande-Bretagne lundi, avant les Etats-Unis (comme le souhaite Barack Obama), ce matin, c'est la Commission européenne qui doit dévoiler ses préconisations, sorte de "label européen" pour des mesures nationales déjà annoncées, ou à venir. Bruxelles prône une relance équivalente à 1% du PIB européen, soit environ 130 milliards d'euros. Le "Pacte de stabilité" n'est pas remisé : le dérapage des comptes publics devra être limité à 2009 et 2010. "Assez massif". C'est l'expression du Chef de l'Etat pour définir le plan de relance qu'il prépare. Sans doute, autour de 20 milliards d'euros. Les mesures seront ciblées et temporaires (comme le souhaite Bruxelles): l'automobile et le bâtiment seront les principaux secteurs concernés. L'OCDE, l'organisation de coopération et de développement économique, annonce le pire pour l'année prochaine. Comme un recul de la croissance de 0,4% en France. Le chômage repassera au-dessus de la barre des 2 milions de demandeurs d'emplois, affirme l'organisme. Demain, les chiffres de l'ANPE pour octobre seront "très mauvais" prévient déjà le gouvernement... sans doute, une hausse proche de 40 mille chômeurs supplémentaires.

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