C'est, officiellement, ce matin (à Reims, où se tient son Congrès) que la CGT Cheminots va entériner le départ de son charismatique secrétaire général, Didier Le Reste. Il "tenait" le syndicat depuis 10 ans. Il va céder sa place à Gilbert Garrel, inconnu du grand public jusqu'ici mais que la prochaine grève à la SNCF se chargera de faire connaître. C'est une "première" pour la CGT-Cheminots: c'est un cadre de la SNCF qui va en prendre la tête! Didier Le Reste, lui, a décidé de prendre sa retraite. A 55 ans. Comme un pied de nez (ou un bras d'honneur, c'est comme on voudra) à tous ceux qui dénoncent ce "privilège". "Je me suis battu toute ma vie pour que les cheminots partent à 55 ans. Je ne me voyais pas ne pas me l'appliquer à moi-même" explique Le Reste. Qui envisage pour occuper ses jeunes "vieux jours" d'entamer une carrière politique. Du côté, sans doute, du Parti Communiste. Il a déjà les réflexes d'un politique d'ailleurs: "ce n'est pas encore vraiment décidé, dit-il. J'ai des propositions. Je prendrai ma décision bientôt". Etre trop politique, c'est de toute façon ce qu'on lui a reproché, tout au long des 10 ans passés à la tête de la CGT Cheminots. "Son combat n'est pas syndical" ont souvent répété les dirigeants de la SNCF ou les ministres. "Mais tout est politique!" rétorque Didier Le Reste, qui dénonce ce qu'il appelle "la privatisation vampire" de la SNCF. Une privatisation qui se fait sournoisement, en asséchant "en suçant le sang" et les moyens de ce service public. Il y a quelques jours, Didier Le Reste a reçu un coup de fil de Guillaume Pépy. "Il a eu des mots gentils à mon égard, mais je sais lire entre les lignes" affirme Le Reste. Les 2 hommes, qui se sont tant affrontés ces dernières années jusqu'à la grève d'avril dernier -15 jours de dialogue de sourds, et au final une défaite pour la CGT-, ont finalement parlé "cinéma". Le leader de la CGT a conseillé au patron de la SNCF d'aller voir le film "Cheminots" qu'il a beaucoup aimé. Pepy, lui, a évoqué un documentaire "très instructif", selon lui, sur le fonctionnement interne de la CGT. Une CGT (sans Le Reste), que la direction de la SNCF aimerait voir évoluer. Devenir plus favorable au dialogue et à la négociation. "C'est sûr, Le Reste n'était pas un négociateur" affirme un syndicaliste "réformiste" de la SNCF. "C'est quelqu'un de très sympathique, mais c'est avant tout un animal de combat". La crise de la zone euro continue. Le plan de sauvetage de l'Irlande est loin d'avoir rassuré les investisseurs. Si l'euro s'est légèrement redressé, en revanche, sur le marché des dettes publiques, les taux d'intérêt, réclamés aux Etats pour financer leurs dettes et leurs déficits, continuent de grimper. Et deviennent intenables pour l'Irlande, le Portugal et l'Espagne. Selon le Finantial Times, en Allemagne, la Banque Centrale Européenne et une majorité de pays de la zone euro feraient, actuellement, pression sur le gouvernement portugais pour qu'il sollicite, à son tour, l'aide de l'Europe et du FMI. Prolongations. En France, les retraites complémentaires, avec le début, hier, des négociations sur l'avenir du système. Elles vont durer plusieurs mois, mais patronat et syndicats se sont déjà entendus pour prolonger jusqu'au 30 juin (c'est-à-dire juste avant l'entrée en vigueur de la réforme des retraites) le financement des pensions complémentaires, versées entre 60 et 65 ans. Ce qu'on appelle l'AGFF.

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