Yvon Collin se présente comme un "parlementaire de l'ombre", un sénateur, radical de gauche, qui ne fréquente pas les journalistes. Son amendement, adopté en fin de semaine dernière, et qui restreint l'avantage fiscal des journalistes, il ne faut donc surtout pas le prendre comme une "sorte de vengeance de quoique ce soit" explique-t-il. "Monsieur Lefébure, ne croyez pas que les sénateurs qui ont voté cet amendement étaient plein de haine, la bave aux lèvres". Lui, en s'excusant presque, l'a présenté et soutenu par "soucis de justice", "au moment où tout le monde doit faire des efforts". Mais, au final, il se dit surpris d'avoir obtenu une majorité pour adopter son amendement preuve que cette niche fiscale des journalistes focalise l'attention. Pas une réunion familiale, par exemple, ne se passe plus sans que le journaliste attablé se prenne son avantage fiscal dans les dents quand la conversation vire à la politique (généralement, ça se produit juste avant ou juste après la remise en cause des tarifs préférentiels d'électricité du tonton ou du beau-père, agent EDF à la retraite). Sur internet, c'est évidemment pire. Il y circule une version "complotiste": il y aurait un deal passé entre le pouvoir et les journalistes, sur le mode "je vous accorde un avantage fiscal, et en échange, vous me ménagez". Alors, concrêtement, cette "niche fiscale" permet aux journalistes de déduire, chaque année 7 mille 650 euros de leur revenu. Ca réduit d'autant leur base fiscale. (Selon les calculs du journal Le Monde), pour un journaliste célibataire gagnant 26 mille euros par an, la réduction d'impôt atteint mille euros. Pas négligeable. Cette déduction, remodelée plusieurs fois, existe depuis les années 30. C'était au départ une façon d'aider la presse, en permettant aux patrons d'embaucher "moins cher". Aujourd'hui, les syndicats de journalistes la défendent comme une aide à une profession précarisée, où les salaires ne sont pas très attractifs. Quoiqu'on en pense, le problème, aujourd'hui, ce sont les conditions de sortie d'un tel dispositif: le supprimer, c'est provoquer, instantantanément des revendications salariales dans un secteur en crise, qui n'a plus les moyens de les satisfaire. Le débat au Sénat, la semaine dernière, a d'ailleurs vite dérivé sur la manière d'aider, efficacement, la presse. On aura appris, au passage, que la "niche journalistes" coûte autour de 70 millions d'euros, chaque année, à l'Etat. L'amendement d'Yvon Collin ne sera pas, au final, adopté puisque que le budget dans son ensemble, au Sénat, va être rejeté.

"Résistance économique": Arnaud Montebourg passe aux travaux pratiques. La "résistance économique", c'est le nom que le ministre a donné à son dispositif, présenté il y a une dizaine de jours, pour faire face à la vague de plans sociaux. Arnaud Montebourg avait cité, alors, le cas de Fagor Brandt. Hier, le Ministère du redressement productif a débloqué un prêt de 10 millions d'euros pour permettre la reprise partielle de l'activité. Les banques créancières de FagorBrandt font un geste. Seule d'usine d'Orléans va pouvoir reprendre la production. Mais c'est une condition de survie de la marque, dans l'attente d'un éventuel repreneur.

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