Le Directeur financier de LVMH a pris tout son temps, hier, pour expliquer les détails de l'opération, "un peu compliquée" de son propre aveu. Pour 41 actions LVMH, les actionnaires du n°1 mondial du luxe vont se voir attribuer 2 actions Hermés. S'ils en ont un peu moins ou un peu plus, ils se verront accorder, en plus, une "soulte". Attention, ajoute-t-il, il a une fiscalité "assez lourde" sur tout ça. On va faire plus simple. Hier, au Carrousel du Louvre, à l'occasion d'une Assemblée générale des actionnaires de LVMH, c'est l'heure du "partage du butin". Un incroyable butin, résultat de l'attaque de LVMH sur Hermès, la bataille juridico-boursière la plus incroyable de ces dernières années, commencée le 23 octobre 2010, quand, à la surprise générale, le groupe présidé de Bernard Arnault annonçe détenir 17, et bientôt 23% du capital d'Hermès, l'une des maisons française du luxe les plus prestigieuses et, surtout, les plus rentables. LVMH a toujours juré que non, mais pour tout le monde, c'était très clair: il s'agissait bien d'une tentative de prise de contrôle. Au terme de 4 ans de bras de fer, elle a échoué. Et s'est soldé par un accord, une paix signée entre les 2 groupes, LVMH s'engageant à redistribuer, à ses actionnnaires, toutes les actions récoltées. C'était, donc, ça l'objectif de la réunion d'hier: une distribution gratuite d'action Hermès, Noël avant l'heure. Quelques actionnaires, malgré tout, ont exprimé leurs réticences et leurs critiques. Mais, impassible, le n°2 de LVMH, Pierre Godé, a redit que c'est d'abord une "très bonne affaire", avant de répéter la version officielle: ce serait par hasard (ou presque) que LVMH se serait retrouvé détenteur de 25 millions d'actions d'Hermès, une simple "opération financière". L'enquête de l'AMF, le gendarme de la bourse, a démontré, tout le contraire: il s'agissait bien d'une opération, minutieusement préparée et menée dans le plus grand secret: des achats d'actions Hermès cachés, dans des filiales qui n'apparaisaient pas dans les comptes officiels, ou réalisés via des produits financiers complexes, qui permettait d'avancer masqué. LVMH, pour a avoir trompé le marché, a dû payer une amende de 8 millions d'euros. Hier, les actionnaires de LVMH se sont partagés 2 milliards 400 millions de plus-values.

Bonne question. Qu'est-ce que le gouvernement français a promis à Bruxelles pour éviter la sanction sur son budget? C'est une bonne question, sans réponse à ce stade. On le sait, maintenant: la Commission européenne va reporter au printemps prochain, son analyse de la situation budgétaire de la France. Vendredi -dans 2 jours-, elle n'ouvrira pas de procédure de sanctions. La France a obtenu cette "clémence" en promettant de nouvelles réformes, détaillées dans une lettre que Manuel Valls a adressé, ce week-end, à la Commission européenne. Une lettre qui n'a pas été rendue publique, à ce stade.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.