C'est cet après-midi que les députés, à l'Assemblée nationale, sont appelés à se prononcer sur le volet "recettes" du projet de Budget 2011. Les yeux braqués sur la jauge à essence de notre voiture, et à la recherche d'une station service encore ouverte, ça nous avait échappé: la discussion budgétaire bat son plein, en ce moment, au Parlement. Avec cette tendance lourde: le détricotage méthodique de ce qui avait été présenté, en 2007, comme l'acte fondateur du mandat de Nicolas Sarkozy: le "paquet fiscal". Ou si vous préferez la Loi TEPA: "Travail, Emploi et Pouvoir d'Achat". C'est elle qui devait provoquer un "choc de confiance et de croissance". Qu'on attend toujours. Méthodiquement donc, les Parlementaires de la majorité détricotent, en ce moment, ce qu'ils ont voté, avec enthousiasme pour beaucoup d'entre eux, il y a un peu plus de 3 ans. Point par point (c'est assez impressionnant), le "paquet fiscal" est démonté. Dans le volet "recettes", qui sera voté, cet après-midi, 2 dispositifs disparaissent, ou sont modifiés profondément. Le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier? (On en a beacoup parlé cet été)... supprimé, à partir du 1er janvier prochain. La réduction d'ISF, en cas d'investissement dans une PME? Raboté! Le bouclier fiscal? Si Nicolas Sarkozy n'avait pas réussi à calmer les ardeurs de plus d'une centaine de députés de sa propre majorité, il serait passé à la trappe aujourd'hui, lors du vote. Sa disparition reste, cela dit, programmée: ce sera l'objet d'un grand débat fiscal, au printemps prochain, a promis le Chef de l'Etat. Un débat fiscal qui pourrait aussi rattraper une autre mesure du "paquet de l'été 2007": l'allègement des droits de sucessions et de donation. Récemment François Baroin, le ministre du Budget, a reconnu qu'il faudrait les relever. Reste, le dispositif sur les heures supplémentaires, le "travailler plus pour gagner plus" (l'allégement de charges et d'impôts sur les heures supp'). Jusqu'ici, il tient. Mais pour combien de temps, encore? Après la Cour des Comptes tout récemment, une nouvelle étude, cette fois-ci d'origine universitaire, scientifique, démontre son inefficacité. Il y aurait comme une sorte "d'optimisation" du dispositif, par les entreprises et les salariés qui s'entendraient pour, notamment, déguiser des primes et des augmentations de salaires en heures supplémentaires défiscalisées. Résultat: si les heures supp' sont plus nombreuses aujourd'hui en France, le temps de travail des salariés français reste le même. Où est passé les "travailler plus"? Cruauté suprême pour le gouvernement: cette étude assassine est co-signée par un ancien membre du cabinet de Christine Lagarde! Ceinture, encore. C'est le journal "Les Echos" qui nous rappelle, ce matin, qu'un grand nombre d'entreprises, mais aussi de branches professionnelles, entament, en ce moment, leurs négociations annuelles obligatoires, les "NAO", qui fixent le montant des salaires, pour l'année prochaine. Les premières tendances ne sont pas franchement réjouissantes: alors que l'inflation repart à la hausse, les augmentations générales accordées à ce stade (par exemple, chez Norauto, ou BNP Paribas) restent très modérées. Elles ne dépassent pas 2%. Le cabinet Hewitt prédit une "3ème année noire pour les salaires" en France, en 2011. Négocier, encore. La CFDT et le Médef, d'accord pour entamer une négociation sur l'emploi. L'emploi des jeunes et l'emploi des seniors. François Chérèque et Laurence Parisot se sont dits prêts, en tout cas hier soir, sur France 2, à réfléchir à cette idée. Pour le leader de la CFDT, c'est une "urgence". Pour la Présidente du Médef, ce serait une "bonne façon de passer à autre chose", après la réforme des retraites.

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Le Blog de Thomas Bronnec de l'Express

En fait, c'est Thomas Bronnec qui a tout découvert et tout dit sur son excellent blog... dans "Les couloirs de Bercy".

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