C'est (dit-on) la seule institution européenne qui a montré son efficacité pendant cette crise: le Conseil européen, c'est-à-dire les chefs d'Etat et de gouvernements sont incapables de s'entendre, la Commission, à Bruxelles, est dans les choux, le Parlement, trop lent... seule la Banque Centrale Européenne a été réative, pragmatique: bref, la plus efficace. Et c'est encore elle, qui fait l'objet d'une dernière bataille, à quelques heures du Sommet de ce soir. Hier, Angela Merkel l'a dit publiquement: elle rejette, tout net, une petite phrase inscrite dans le projet de communiqué final du Sommet. Une phrase, qui paraît toute bête: "Nous soutenons pleinement la BCE dans son action (...) y compris ses mesures exceptionnelles en faveur des banques et des Etats de la zone euro". Pour la Chancelière allemande, c'est tout simplement impensable: c'est une atteinte évidente à sacro-sainte indépendance de la Banque Centrale européenne! L'affaire devrait se régler, avec le retrait de la petite phrase du communiqué final et la publication simultanée par la BCE elle-même, d'un autre communiqué, qui dirait exactement la même chose. L'histoire n'est pas anecdotique: elle renvoit au coeur de la discussion qui a "tendu" les relations entre la France et l'Allemagne, ces derniers jours: la place de la Banque Centrale Européenne. L'Allemagne -on l'a compris- ne veut rien toucher. La France, elle, avait fait une proposition audacieuse: transformer le FESF, le Fonds de secours européen, en une banque, qui bénéficierait du soutien de la BCE. Le résultat aurait été, au final, radical, parce, grosso modo, on aurait, ainsi, décider de financer les Etats, en faisant tourner la planche à billets. Le risque -théorique- c'est de créer de l'inflation dans la zone euro (et ça, les Allemands et les dirigeants de la Banque Centrale Européene n'en veulent pas), mais l'autre effet serait une baisse du niveau de l'euro, ce qui ne pourrait doper nos exportations, et donc la croissance, en Europe. C'est ce que font les Etats-Unis avec un certain succès: il laisse filer le dollar. En Europe, à l'inverse, on est obligé de constater que la crise dans la zone euro, ne s'est pas transformé en crise de l'euro, qui reste une monnaie forte. Surévaluée. Et qui hypothèque, à ce stade, tout espoir d'une sortie rapide de cette crise.

Petites coupures. Il existe une menace réelle de coupures de courant, cet hiver, en France. C'est la conclusion du rapport annuel du cabinet de conseil Capgemini. Exportatrice d'électricité durant l'année, la France est devenue, ces dernières années, importatrice l'hiver, notamment au moment des "pics" de consommation de fin de journée. Selon Capgemini, c'est l'arrêt de 8 des 17 réacteurs allemands qui menace, du coup, l'approvisionnement en électricité de la France. Plus l'hiver sera froid, plus ce risque sera élevé.Europe. Le Sommet pour sauver l'euro, ce soir (on y vient). Les Européens, toujours à la recherche d'un Accord. Son architecture est connue: effacement d'une partie de la dette grecque, recapitalisation des banques, renforcement du Fonds de secours, et une intégration économique et budgétaire renforcée, dans la zone.

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