C'est ainsi que Nicolas Sarkozy l'a voulu : dès ce matin, (au lendemain de son discours de Toulon) son gouvernement présente son projet de Budget pour l'année prochaine. A Bercy, on ne cache pas que sa construction a été véritable "casse-tête" - sans doute le projet de Loi de finances le plus difficile à bâtir depuis bien longtemps. Signe qui ne trompe pas : les "fuites" traditionnellement nombreuses quelques jours avant la publication d'un Budget, ont été quasiment inexistantes cette année. Il ne faut donc s'attendre à aucune "surprise" ou véritable nouveauté. La seule innovation devrait être la mise en place d'un prêt à taux zéro écologique, pour inciter les propriétaires à engager des travaux d'isolation de leur logement. A part ça, le "retour de l'Etat" annoncé par Nicolas Sarkozy se traduit immédiatement par une réduction tout à fait inédite de 30 mille 600 postes de fonctionnaires et par la réduction de la dépense publique. Les ministères et les collectivités locales vont devoir se serrer encore plus la ceinture : c'est une austérité (là, pour le coup) qui ne dit pas son nom. Cette austérité n'empêche pas le dérapage des comptes publics : déficit et dette vont se creuser en 2009 (c'est sans doute ce que Nicolas Sarkozy, hier soir, voulait dire en demandant à l'Europe de changer ses règles.) "Dire la vérité", c'était aussi le mot d'ordre, hier du Président : son budget anticipe une croissance de 1% seulement, en 2009. Là, le débat est ouvert : pour beaucoup d'économistes, 1% c'est un grand maximum qui sera très difficile à atteindre. Notamment, parce que le chômage va repartir à la hausse. Le site Internet Rue89 affirme d'ailleurs que les chiffres pour le mois d'août (qui seront officiellement publiés, lundi soir) sont très mauvais : un "bond" inédit de 40 mille demandeurs d'emplois en plus. Hier soir, à Bercy, on affirmait n'être pas au courant de l'existence d'un tel chiffre. Le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon. Un discours qui se veut un "discours de vérité": comme George Bush l'a dit aux Américains mercredi, Nicolas Sarkozy annonce aux Français, des "temps difficiles": chômage en hausse, pouvoir d'achat et croissance en berne. Le Président a même lâché le mot "récession". Pour lui, c'est l'Etat qui va protéger les Français. Nicolas Sarkozy promet aux épargnants qu'ils "ne perdront pas un seul euro", dans l'hypothèse d'une faillite d'une banque française, ou d'une société d'assurance. Il promet encore de garantir aux entreprises, et d'abord aux plus petites, un accès au crédit. Pour le reste, le Président a affirmé que les réformes vont se poursuivre. Dans la droite ligne de son disours à l'ONU, il souhaite un Sommet international pour refonder les règles financières et monétaires mondiales : un nouveau "Bretton Woods". Aux Etats-Unis, une nouvelle faillite. Tout le monde voyait en elle la prochaine victime des subprimes, c'est fait : les autorités ont fermé, cette nuit, Washington Mutual, une Caisse d'épargne. JP Morgan Chase rachète ses activités bancaires pour moins de 2 milliards de dollars. Le Plan "Paulson" pour sauver le système fianancier. 700 milliards de dollars, en question. Ce Plan n'est toujours pas sur les rails. Ce sont des élus Républicains qui rechignent. Ils présentent un plan alternatif à celui proposé.

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