C'est l'un des grands malades de cette crise. On en parle peu, mais il paraît qu'à l'Elysée, c'est un vrai sujet de préocupation. Depuis quelques mois, le groupe d'assurances Groupama inquiète. C'est pourtant (est-on tenté de dire) un groupe mutualiste. Le 1er assureur mutualiste de France. L'assureur historique des agriculteurs français. Son logo est "tout vert", avec un clocher bien français dessus. Son slogan "toujours là pour moi" est sympathique. Ses marques sont connues: le Gan, c'est Groupama. Amaguiz (et Jean Rochefort), c'est aussi Groupama. Mais voilà, derrière cette image rassurante, se cache un groupe devenu très international. Aujourd'hui, empêtré dans la crise. Vendredi, pour la 2ème fois cette année, Standard & Poor's a dégradé la note du groupe mutualiste. Fitch, cet été, avait fait pareil. Groupama est trop exposé aux dettes européennes, affirment ces agences de notation. C'est vrai: il est présent en Italie (beaucoup), en Espagne, en Grèce, au Portugal. Et ça, évidemment, ça inquiète dans le contexte actuel. Autre source de préocupation: Groupama investit, plus que ses concurrents, en bourse. Groupama est un actionnaire important de la Société Générale, de Véolia Environnement. Pas de chance: ces titres sont parmi les fortes baisses depuis le début de l'année. Ce matin, son Directeur général accorde une longue interview aux Echos. Jean Azéma, peu connu du grand public, mais acteur incontournable "sur la place de Paris", le reconnaît: "la situation (de Groupama) est un peu tendue" dit-il. Finie, du coup, la stratégie de conquête. L'introduction en bourse est reportée à 2015... autrement dit aux calenques grecques. Les Caisses régionales sont priés de faire remonter de l'argent frais. Et Groupama engage un vaste plan d'économies. "Ca ne suffira pas" estiment plusieurs analystes qui ont entendu parler du départ forcé du patron. Voire d'un adossement à un autre groupe, public, celui-là (la CNP, qui dément). La crise a, clairement et cruellement, rattrapé le groupe mutualiste à l'ambition débordante.

1 salarié sur 3 veut quitter son entreprise. C'est le résultat d'une enquête, publiée ce matin, par Mercer, un cabinet de conseil en ressources humaines. 30% des salariés français songent à poser leur démission, veulent "changer de job". Ils étaient moins de 20% à l'affirmer en 2007, avant la crise. C'est le résultat d'une baisse marquée de la satisfaction au travail, selon cette étude. L'attachement à l'entreprise recule également. Les réorganisations opérées, au travail, donnent l'impression aux salariés d'avoir perdu leur autonomie. 250 mille. La taxe sur les riches. Le gouvernement d'accord pour étendre le dispositif. Les salaires au-delà de 250 mille euros par an (et non plus 500 mille) seront finalement taxés. Triple B. Un "plan B" pour la Grèce, pour les banques et pour la croissance mondiale. Malgré les démentis, c'est bien ce que serait en train de préparer le G20 pour mettre fin à la crise. En France, le gouvernement redit qu'il n'est pas question de recapitaliser les banques. En revanche, mais c'est un "cas particulier" (expression de Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France), un nouveau sauvetage de Dexia, est en préparation.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.