C'est l'argument "massue" qu'avance, systématiquement, le gouvernement pour justifier le maintien de l'objectif des 3% de déficit, l'année prochaine. C'est celui-ci: si on lâchait cet objectif des 3%, "boum" (c'est comme ça que le ministre de l'Economie l'a dit, ce week-end)... "boum, nos taux d'intérêt augmenteraient, comme pour l'Espagne". "Notre sérieux budgétaire nous protège", dit encore Pierre Moscovici. Notre sérieux, sans doute. Mais aussi, un ami, un voisin, qui depuis quelques temps nous fait beaucoup de bien.C'est l'agence de notation Standard & Poor's qui l'a révélé hier. En tout cas "quantifié" (parce que le phénomène avait déjà été identifié par d'autres): la Suisse soutient activement la dette française. C'est même grâce à elle que les taux d'intérêt français ont atteint leur plus bas niveau historique: moins de 2% en moyenne depuis le début de l'année. Pourquoi la Suisse? Il faut remonter au tout début de la crise financière pour comprendre. Dès son déclenchement, la Suisse est redevenu un refuge pour les capitaux du monde entier, une valeur sûre. Le pays a vu affluer, chez lui, beaucoup d'argent en provenance, notamment des pays européens en difficulté: la Grèce, l'Espagne, l'Italie, le Portugal. Résultat: le franc suisse s'est envolé par rapport à l'euro. Tellement envolé que l'économie suisse entrait en zone dangereuse: perte brutale de compétitivité. La Banque Nationale Suisse a, donc décidé de défendre sa monnaie, en vendant ses francs, pour acheter, en euros, par exemple, des titres de dette des pays européens les plus sûrs: l'Allemagne, la Finlande, l'Autriche, les Pays-Bas... et la France. La banque centrale suisse n'a donné aucun détails de ses achats (et conteste les chifres avancés) mais selon Standard & Poor's, elle aurait écoulé, ainsi, près de 80 milliards d'euros, depuis le début de l'année, sur le marché des dettes européennes. Ca représente pas loin de la moitié de titres mis en vente, par les 5 pays concernés. Pour l'agence, c'est clair: la Suisse a, ainsi, largement contribué à réduire les taux d'intérêt sur les marchés. Et le gouvernement français peut lui dire merci. Depuis le début de l'année: il a économisé, grâce à cette baisse, 1 milliard 400 millions d'euros d'intérêts payés sur notre dette.

TPE, pas PME. Le projet de budget pour l'année prochaine, qui sera dévoilé dans 2 jours, inquiète les artisans et les commerçants. Le gouvernement fait passer le message, depuis quelques jours, que les PME vont être largement épargnées par les hausses d'impôts et de taxes à venir, ce ne sera, peut-être, pas le cas des TPE, les Très Petites Entreprises. il s'agit, très souvent, de commerçants ou d'artisans. Selon l'UPA, leur organisation patronale, le projet de Budget de l'Etat et celui de la Sécurité sociale comporteront des dispositions "très défavorables" aux petits patrons. Notamment une forte hausse de leurs cotisations sociales.RGPP. Le bilan au vitriol de la RGPP, la réforme de l'Etat, sous Nicolas Sarkozy. Un rapport, remis au gouvernement hier, dénonce une méthode brutale, une communication "lénifiante", une démarche en vase clos, centralisée à l'extrême, sans dialogue et menée au pas de charge. La RGPP, très mal vécue par les agents de la focntion publique, a engendré, cela dit, 12 milliards d'euros d'économies, selon le rapport. Qui préconise de poursuivre l'objectif, mais avec une toute autre méthode.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.