C'est encore une histoire de "raz-le-bol" fiscal. Mais cette fois-ci, "côté patrons". La scène se passe, dans le bureau de Jean-Marc Ayrault, à Matignon, le 26 août dernier. C'est Jean-François Roubaud, le président de la CGPME qui raconte: "on était convié pour parler de la réforme des retraites, mais j'ai pris la parole d'entrée et lâché "monsieur le Premier ministre "on n'en peut plus des impôts. ça va craquer: tous les patrons de PME le disent". "Jean-Marc Ayrault a été surpris, et même un peu sonné par ce préambule", affirme Jean-François Roubau. Et "c'est ainsi", poursuit-t-il qu'a débuté, un long mois de tractations entre le gouvernement et les organisations patronales, sur leurs impôts de l'année prochaine. "Entre ce rendez-vous à Matignon et l'annonce du budget, je suis allé au moins 10 fois à Bercy pour négocier" raconte encore le patron de la CGPME. Sans compter, d'autres réunions à l'Elysée directement: côté Medef, on sait que jusqu'au dernier moment, Pierre Gattaz a négocié. Pierre Gattaz reçu encore discrêtement lundi soir, par François Hollande. Au final, les patrons peuvent être satisfaits: leur message est passé, "au nom de la croissance et de l'emploi", ils sont les gagnants du budget, dévoilé hier. En comptant le Crédit d'impôt Compétitivité Emploi, ce sont, grosso modo 10 milliards de prélèvements en moins. Tout devrait aller bien, donc, mais en changeant la nature de certains impôts, le gouvernement fait quand même des mécontents dans le camp patronal. Le Medef, hier, a parlé de "mauvais coup" en évoquanr ce budget. Il cible ce nouvel impôt que vient d'imaginer Bercy: la contribution sur l'EBE, l'Excédent Brut d'Exploitation. Elle remplace un impôt que tout le monde trouvait "imbécile", l'IFA, basé sur le chiffre d'affaires pour aller taxer la marge brute des entreprises. C'est plus juste parce qu'on taxe alors que les entreprises en bonne santé (et pas toutes, indiféremment) mais elle va alourdir les impôts d'entreprises qui ont besoin d'investir beaucoup (l'industrie, les télécoms, la chimie, l'automobile). Et elle pourrait avoir des effets pervers puissants. Informées du projet, les organisations patronales viennent donc de passer un mois à tenter de convaincre le gouvernement de changer son projet. Elles n'ont obtenu que des allégements (les PME seront, finalement, épargées, le taux de cette taxe sera de 1% seulement) mais le Medef compte maintenant peser sur le débat parlementaire pour obtenir sa suppression. Et il pourrait trouver, y compris au sein de la majorité, des députés compréhensifs.

Millisecondes. On commence avec ce qui pourrait être un immense délit d'initié, aux Etats-Unis et potentielement un très gros scandale. La semaine dernière, la Reserve fédérale américaine surprenait tout le monde: on attendait qu'elle change sa politique monétaire, mais -surprise- elle n'a pas bouger. L'annonce de cette décision est tombée le 18 septembre à 14h précise, heure de Washington. Or, quelques millisecondes plus tard, les premiers ordres de transactions étaient passés à la bourse. Même avec des ordinateurs (ce qu'on appelle le "trading haute fréquence"), c'est impossible: il y a donc eu une fuite. La FED vient de lancer une enquête. D'autant, qu'à Chicago, le marché de l'or se serait agité, lui, avant 14h. Ce jour-là, ce sont tous les marchés qui ont été secoués par cette décision: celui des instruments financiers à terme, des métaux précieux, du soja, du maïs et des actions.

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