La saison des résultats semestriels se poursuit. Nous parlions de l'Oréal, hier. Evoquons le groupe Lagardère, ce matin. Présent dans les médias, l'aéronautique et le sport, il affiche lui aussi des résultats en forte hausse, pour les 6 premiers mois de cette année. Son bénéfice a fait un bond de 20%, pour atteindre 97 millions d'euros. Pour explication, Lagardère souligne une nette reprise de la publicité. C'est un signe généralement avant-coureur du retour de la croissance économique. L'inversion de tendance date de la fin mars, affirme le groupe: ses journaux, la presse magazine en profite. Mais aussi la radio: la "pub" progresse, par exemple, de 15% sur Europe1 (je dis ça, je dis rien... mais ça doit faire beaucoup, j'imagine, à l'écoute...). Lagardère semble, donc (lui aussi) sortir du marasme de la crise économique. Mais il n'en a pas fini, en revanche, avec l'autre tempête, qui a secoué le groupe, ces derniers mois: la constestation de la stratégie d'Arnaud Lagardère. C'est un actionnaire Guy Wyser-Pratte qui met les pieds dans le plat: "où va le groupe?" demande-t-il inlassablement... groupe qu'il décrit comme un conglomérat multiforme et sans véritable direction. Il estime que les actionnaires pourraient gagner beaucoup pluss, si Lagadère était mieux construit et plus cohérent. Et quand il dit ça, il pense autant au groupe qu'à son patron. Arnaud Lagardère a rejeté, en bloc, ses critiques... mais, dans les faits, il n'est pas loin d'appliquer exactement ce que lui demande son bruyant' actionnaire: il vend... ou tente vendre... toutes ses participations minoritaires: celles que ne s'avèrent plus stratégiques. Il en va ainsi des 25% qu'il détient du groupe Amaury, propriétaire du Parisien et du journal l'Equipe. "Nous sommes pris au piège dans une entreprise dont nous n'avons pas le contrôle, et qui ne nous rapporte pas grande chose", a affirmé, hier soir, Arnaud Lagardère. Il négocie, du coup, en ce moment, sa sortie. "Pareil", pour les 42%, détenus par Lagardère, dans le groupe Marie-Claire. "Même chose", pour les 7etdemi% d'EADS, maison-mère d'Airbus: Lagardère attend le bon moment pour vendre. Il reste, enfin, les 20% que le groupe détient dans Canal+. Là, c'est une belle partie de "poker-menteur", qui est engagée. Vivendi (qui détient les 80% restants) veut acheter. Mais pas au prix réclamé par Lagardère (on parle de plus d'1,3 milliard d'euros). Du coup, Lagardère affirme, pour agacer l'autre, qu'il va aller les vendre, en bourse. Le feuillton se poursuit. Nicolas Sarkozy recule. Et les étudiants échappent à la rigueur. Décision, hier, du Président de la République: il renonce à mettre fin au cumul "aide au logement" et "demi-demi-part fiscale" dont bénéficient les étudiants et leurs parents. C'était l'une des mesures envisagée dans le cadre du plan de réductions de la dépense publique, annoncé début juillet: "on ne peut pas avoir les deux", avait affirmé le Chef de l'Etat à la télé. Mais l'opposition des syndicats étudiants, qui menaçaient de se joindre aux manifestations contre la réforme des retraites, et le mécontentement chez certains élus de l'UMP, qui trouvaient la mesure trop "pénalisante" pour les classes moyennes, ont fait reculer le gouvernement. Selon les calculs de l'UNEF, c'est une économie de plus de 400 millions d'euros, qui échappe à Bercy. Wall Street, en baisse encore hier. Le Dow Jones replonge sous les 10 mille points. La diminition du nombre des inscriptions au chômage, aux Etats-Unis, n'a pas calmé les craintes d'une rechute de l'économie américaine.

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