Parfois il faut s'y prendre à plusieurs fois pour se faire entendre. Ce week-end, à la Rochelle, à l'Université d'été du PS, Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, a lâché, une première fois, son information lors d'un débat sur la finance et les paradis fiscaux. Mais aucun média ne l'a noté, ni repris. Pas plus après une rencontre informelle, avec quelques journalistes, sur place au cours de laquelle le ministre a glissé, à nouveau, ses chiffres inédits. Ce n'est finalement qu'hier (à l'occasion d'un déjeuner au ministère, à Bercy, avec d'autres journalistes) qu'il a réussi, finalement, à faire passer sa "bonne nouvelle". L'AFP en a fait une dépêche, reprise immédiatement: en 2 mois, plus de mille contribuables français ont déposé une demande de régularisation fiscale, auprès des services de Bercy. Mille 100 dossiers exactement: c'est, en 2 mois, autant que ce que l'administration fiscale a enregistré ces 2 dernières années. Le ministre du Budget, et son entourage, s'attribuent ce succès: cette forte accélération de demandes de repentance fiscale a commencé avec la publication, fin juin, d'une circulaire -dite "Cazeneuve"- fixant les nouvelles conditions pour régulariser sa situation fiscale, quand on a oublié, tel un vulgaire ministre, de déclarer un compte à l'étranger. Ces nouvelles conditions, on avait mis du temps à les qualifier: est-ce qu'il s'agit d'une sorte d'amnistie? D'une nouvelle cellule de régularisation, façon Woerth? D'un service VIP? Rien de tout ça, a réussit à convaincre le ministre: il n'y pas d'amnistie (les sanctions sont maintenues, même si elles sont allégées ; les fraudeurs repentis doivent s'acquiter de tous les impôts), tout se fait dans la transparence (les avocats fiscalistes ne peuvent plus venir "tester" un dossier auprès de l'administration, en masquant le nom de leur client). Aucune négociation n'est possible, jure-t-on. Au ministère du Budget, on affirme que cette fermété paie au final parce que la lutte contre les paradis fiscaux est, par ailleurs, devenue crédible: on pense aux mesures prises au niveau européen, comme l'échange automatique d'informations. Et puis, l'affaire Cahuzac, aussi, pèse. Dans les Echos, ce matin, un avocat fiscaliste confirme l'afflux de demandes de régularisation. Le "profil-type", selon lui: des patrimoines en dessous du million d'euros. Souvent des comptes hérités de grands-parents, et pas seulement cachés en Suisse. Cet avocat fiscaliste conclut: "ce qui était un petit secret familial bien gardé devient, aujourd'hui, un risque insupportable".

Patron. Accor s'est trouvé un nouveau patron. Et c'est une suprise, c'est Sébastien Bazin, le patron de la branche européenne du fonds d'investissement Colony Capital qui va pendre les rênes du groupe hotelier. Le Conseil d'administration d'Accor doit entériner son choix, ce matin. C'est une surprise parce que Sébastien Bazin, c'est d'abord un financier: actionnaire minoritaire d'Accor (et, par ailleurs, de Carrefour). Il a présidé, un temps, le Paris Saint Germain. En devenant patron d'un groupe du CAC 40, il change de vie. Il va devoir, surtout, relancer Accor et lui redonner de la stabilité: il est le 4ème patron en 7 ans.Patrons. L'autre surprise d'hier concerne la réforme des retraites, avec cette proposition de Jean-Marc Ayrault au patronat: le Premier ministre avance l'idée d'une baisse des charges patronales (les cotisations "famille") pour compenser la hausse à venir des cotisations "retraites". Pierre Gattaz, le président du Medef a dû reconnaître, en sortant de Matignon hier, une "ouverture intéressante".

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