"Ce sera 2 journées très "bisounours", très "love". C'est ainsi qu'un responsable du Medef décrivait, hier, l'ambiance attendue, aujourd'hui et demain, à l'Université d'été de l'organisation patronale, à Jouy-en-Josas. "On va positiver" confirme Pierre Gattaz, son président, "donner une vision enthousiasmante". Le slogan retenu pour l'événement fixe définitivement les choses: "Une France qui gagne, dans un monde qui bouge". Pour le Medef, ces 2 jours doivent servir à lancer son manifeste "France 2020" ("France 20/20", comme ils disent en interne), un vaste programme pour placer les entreprises au coeur de tout. "On va faire de la pédagogie" annonce Pierre Gattaz qui a manifestement décidé de mettre de l'eau dans son vin en cette rentrée. Son diagnostic sur la France n'a pas changé évidemment, mais lui qui, fin juillet, dénonçait de situation "catastrophique" (faisant hurler François Hollande), parle aujourd'hui d'un "pays à l'arrêt". A défaut d'être moins inquiètant, c'est moins violent à entendre. Dans son discours introductif, tout à l'heure, devant ses pairs, Pierre Gattaz l'affirme: il ne parlera pas des 35 heures, de l'ISF (comme l'année dernière) et d'autres sujets qui fâchent. On l'a compris, en cette rentrée, les patrons n'ont surtout pas, surtout plus envie d'embêter un gouvernement dont la ligne politique vient de se clarifier, à la faveur du remaniement... confirmant, accentuant son virage pro-entreprise. "Le départ d'Arnaud Montebourg est une bonne décision" commentait, hier, le patron du Medef parce qu'il permet de mettre en place une équipe cohérente, et "parce qu'on a plus le temps d'attendre" (et donc de discuter). Pierre Gattaz ajoute: "on a besoin de gens qui ne voient pas les patrons comme des exploiteurs". De Manuel Valls, qui a confirmé sa venue, cet après-midi à l'Université d'été du Medef, Pierre Gattaz attend un discours mobilisateur pour les patrons, "surtout pas des reproches". Et lui réserve, mais pour la mi-septembre, pas avant, une longue liste de propositions de réformes pour doper la croissance et l'emploi: travail du dimanche, seuils sociaux. Et pour 2015, une grande négociation sur le temps de travail.

Vous avez un message. Une lettre "détonnante" attend, déjà, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication. Elle a été adressée, cet été, à Aurélie Fillipetti. Fleur Pellerin la trouvera, donc, à son arrivée, rue de Valois. C'est le quotidien Les Echos qui révèle son existence, ce matin. Elle est signée par Nonce Paolini, le patron de TF1: "nous sommes tous (les grands groupes audiovisuels)... nous sommes tous en grand danger" écrit-il. On connaît la propension de Nonce Paolini à se plaindre, à noiricir, toujours, la situation, là, il parle "d'urgence, d'impasse économique" pour des groupes français bloqués dans leur développement, selon lui, par la réglementation française. Face à la concurrence des géants Google, Amazon, Netflix, le patron de TF1 propose de faire sauter certains seuils "anti-concentration" pour lui permettre de détenir plus de chaînes de télés, en France, pouvoir également racheter des journaux et des radios.

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