"Hold-up" (j'en conviens) le mot est un peu fort, "détournement de baisse d'impôt" serait plus exact, dans le cas, qui nous intéresse ce matin : la baisse annoncée de la TVA dans la restauration. C'est, demain, que l'on devrait connaître la date de sa mise en oeuvre (sans doute le 1er juillet prochain), et, surtout, les contreparties que la profession va consentir. On a déja beaucoup dit sur ce "cadeau fiscal". D'abord, sur le moment où il est accordé (après d'âpres négociations européennes), c'est-à-dire en pleine crise, alors que l'Etat manque plus cruellement que d'habitude d'argent. Tous ceux qui n'ont pas les moyens d'aller au restaurant peuvent légitimement se demander si cet argent accordé aux restaurateurs (plus de 2 milliards d'euros) n'aurait pas pu être utilisé à autre chose. On a aussi beaucoup commenté l'intérêt économique de la mesure, en fait, un parfait "non-sens": alléger les charges qui pèsent sur une activité qui n'est pas délocalisable, alors que tant d'autres souffrent (et parfois meurent) de la concurrence frontale avec des pays où la main d'oeuvre est moins chère, c'est une aberration ! Mais, il y un autre aspect à toute cette affaire, c'est le pur aspect fiscal. La TVA, ce sont les consommateurs qui la paient. Le restaurateur, comme n'importe quel autre commerçant, n'est qu'un percepteur d'impôt. Il calcule un prix hors-taxe (en fonction du prix de ses matières premières et de ses coûts de fonctionnement), et c'est sur ce tarif qu'il applique la taxe qu'il reverse ensuite aux impôts. La logique voudrait donc que la baisse de la TVA soit intégralement répercutée sur l'addition. Or, et parce que les restaurateurs parlent d'un "rattrapage" à réaliser, promettent d'investir, d'embaucher et d'augmenter les salaires, ce sont eux qui vont empocher directement ce "cadeau fiscal", avec l'accord du gouvernement. La baisse de prix ne sera, finalement, que ciblée et non générale : il va falloir surfer dans les menus et les cartes (et choisissant les produits... entrée, plat chaud, dessert.) qui afficheront une baisse de prix. Sans être, finalement, sûr d'être vraiment gagnant. Après l'affaire Kerviel, la Société Générale cache-t-elle un autre fiasco financier ? "Libération" l'affirme en tout cas, ce matin. Le quotidien en fait sa Une, et parle d'une perte, sur les marchés financiers, d'au moins 5 milliards d'euros. "Peut-être 10", écrit "Libé". Dans ce cas là, pas de fraude avérée, pas la faute d'un seul homme, mais le résultat des investissements hasardeux de l'une des filiales de la banque, spécialisée dans les produits dits "structurés", produits financiers "dérivés" notamment, qui ne valent plus rien aujourd'hui. Selon le journal, seuls 1 milliard 2 sont inscrits dans les comptes, à ce jour. Le pire serait donc à venir pour la banque. La Société Générale dément "formellement" ces affirmations, ce matin. Elle affirme que "Libération" fait une "confusion". Le chômage, encore en hausse. Publication officielle, ce soir à 18h, du nombre des nouveaux inscrits à Pôle Emploi, pour le mois de mars. L'augmentation devrait être comprise entre 60 000 et 70 000. La grève générale ? Après les manifestations du 1er mai (dans 4 jours), la grève générale. C'est Jean-Claude Mailly, de Force Ouvrière, qui la propose ce matin, aux 7 autres organisations de l'Intersyndicale. Une "grande grève public-privé de 24h".

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