C'est l'économiste Jean-Paul Fitoussi qui le dit très clairement, ce matin, dans les colonnes de Libération: "il ne faut pas se leurrer, affirme-t-il, quand le cas grec sera résolu, ce sera le tour d'autres pays!". Pour lui, une seule explication à ça: les dysfonctionnements de l'Europe, qui "laissent le champ libre aux marchés financiers"! Mais aussi à l'Allemagne, qui arrive, finalement dans cette affaire, à imposer à toute l'Europe, aujourd'hui, une grande cure d'austérité. Hier, Athènes a, ainsi, dû promettre de nouvelles mesures d'économies pour purger ses finances publiques, et obtenir (il finira bien par venir...) le feu vert de Berlin. Mais la journée d'hier a été aussi un rude journée pour, précisément, celui qui pourrait être le prochain sur la liste des pays "attaqués par les marchés": le Portugal! Le gouvernement portugais a beau répéter, depuis des semaines, que sa situation n'a rien à voir avec celle de la Grèce, c'est pourtant bien vers lui, aujourd'hui, que tous les regards se tournent. Concrêtement, comme les Grecs avant eux, les Portugais voient en ce moment, leurs taux d'intérêt s'envoler sur le marché de leur dette. On n'en est pas aux 9% réclamés à Athènes mais, hier, on dépassait, nettement, les 5%! Ce qui fait entrer Lisbonne dans une zone sensible. Alors, je l'ai dit: le gouvernement portugais ne cesse de répéter que sa situation est bien différente de celle de la Grèce. D'abord -petit coup de griffe- "nos comptes publiques sont fiables". Autrement dit, contrairement aux Grecs, (disent les Portugais) on n'a pas menti. Ensuite, et surtout, si le déficit portugais s'est creusé avec la crise, il reste sous contrôle. D'ailleurs, Lisbonne vient de présenter un plan d'économies. Que Bruxelles a validé. Mais, voilà -comme pour la Grèce- les marchés commencent à trouver que les mesures annoncées, comme le gel du salaire des fonctionnaires, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite (ça rappelle quelque chose...), toutes ces mesures ne seront pas suffisantes. Ou qu'elles ne produiront pas d'effets assez rapidemment. Résultat: doucement, mais sûrement, le Portugal voit l'oeil du cyclone se rapprocher. Dangereusement. Aux Etats-Unis, la réforme du système financier devra (un peu) attendre. C'est un revers, certes temporaire, mais un revers quand même pour Barack Obama: les Républicains ont réussi, cette nuit, a empêché le début de l'examen, au Sénat, de sa réforme de la régulation financière. Elle vise à éviter qu'une crise, comme celle des subprimes, ne se reproduise. Elle propose, notamment, un renforcement de la protection des consommateurs et la création d'un Fonds en milliards de dollars, pour éviter, à l'avenir, aux contribuables de régler la facture. Pour les Républicains, certaines mesures sont trop contraignantes, trop dirigistes. D'où leur rejet du texte. Qui pourrait être, cela dit, soumis à nouveau vote, très rapidemment. Toujours au Sénat américain. Audition des responsables de la banque Goldman Sachs. Et du trader français Fabrice Tourre. Ils sont accusés d'avoir abusé leurs clients, en leur vendant des produits financiers, basés sur les subprimes, alors qu'ils les savaient tout proches de la dégringolade. 260 millions d'euros: c'est le coût des perturbations, créées par le nuage de cendres du volcan islandais, pour les compagnies aériennes, les agences de voyages et les tour-opérateurs français. Estimation du gouvernement, hier, qui vient de nommer un médiateur pour aider à régler les conflits avec les consommateurs.

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