"L'année du Draghi" est-elle déjà terminée? Le jeu de mot, l'expression a été lancée à Davos, en janvier dernier. Référence, évidemment, à l'année "du dragon", en Chine, elle servait à saluer l'initiative du président de la Banque Centrale Européenne: l'injection de 500 milliards d'euros à l'époque, devenus mille milliards depuis, dans le système financier européen. La campagne présidentielle les a beaucoup popularisé: il s'agit de ces fameux "prêts" à 1%, accordé aux banques de la zone euro. Pour tout le monde à Davos en janvier dernier, et partout ailleurs depuis, c'est cette décision, plus que celles prises par les dirigeants européens, qui a permis de ramener le calme sur les marchés, cet hiver. A l'époque pourtant déjà, quelques uns posaient ces questions (pertinentes): où va tout cet argent? A quoi sert-il? A qui profite-t-il? On constatait, par exemple, que chaque soir, les banques européennes déposaient des sommes gigantesques sur un compte sécurisé à la BCE, bref qu'elles ne savaient pas trop quoi faire de ces milliards. Interrogé Mario Draghi avait, alors, répondu qu'il était trop tôt pour dresser un bilan mais le patron de la Banque Centrale Européenne l'assurait: "cet argent circule bel et bien dans le système".Mais voilà, 4 mois plus tard, les mêmes questions reviennent. Avec plus d'acuité encore, parce que la situation sur les marchés s'est dégradée: l'effet "Draghi" s'essoufle. Ce qui explique, peut-être, son appel, mercredi, à faire de la croissance la priorité des Européens. Ce qui justifie, en tout cas, la demande que vient de faire la Commission européenne. Selon le journal Le Monde, Michel Barnier, le Commissaire européen au marché intérieur, vient de réclamer une sorte d'audit sur l'utilisation qui a été faite, par les banques, de ces prêts très avantageux. Ont-elles distribué l'argent aux ménages et aux entreprises? S'en sont-elles servi, simplement, pour redresser leurs bilans financiers? Mercredi, Mario Draghi a reconnu qu'il espérait un effet "plus rapide" de son initiative sur l'économie réelle. Un début d'aveu. Les prêts n'ont permis, finalement, que de "gagner du temps", a-t-il dit. Ajoutant: "ce qui n'est pas négligeable".

Perte de crédit. Les crédits à la consommation sont en nette diminution: -14% en mars, selon les sociétés de crédits: le recul, constaté depuis plusieurs mois, s'accélère. Les prêts accordés pour l'achat d'une voiture plongent de 24%. Ceux destinés à l'équipement de la maison (l'électroménager, l'ameublement) sont également moins nombreux. Tout comme les crédits renouvelables. Les ménages français, dans l'attente du résultat de la Présidentielle ou tout simplement inquiets devant la situation économique (la montée du chômage qui se poursuit) réduisent leur demande de crédits.Perte de crédit. L'Espagne, à nouveau dégradée par Standard & Poor's. L'agence de notation estime que la récession ne permet plus à Madrid de tenir ses engagements de réduction de déficit. Elle s'inquiète aussi, comme d'autres, pour son système bancaire.Débit. Aux Pays-Bas, le gouvernement démissionnaire obtient en 2 jours, ce qu'il n'était pas parvenu à trouver en 2 mois de négociations: un Accord, au Parlement, sur son budget. Un budget de rigueur qui passera par une hausse de la TVA et une baisse de salaire pour certains fonctionnaires.

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