par Bruce de Galzain.

Ils seront trois dans un bateau aujourd'hui : Ban Ki-moon le secrétaire général de l'ONU, Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l'Union européenne et Matteo Renzi le président du Conseil italien. Tous dans le même bateau pour montrer "la solidarité européenne et les efforts faits pour sauver les vies des migrants qui traversent la Méditerranée". Mais tous n'ont pas la même solution pour éviter ces drames. En invitant Ban Ki-moon dans son bateau, l'Europe espère qu'il acceptera le principe d'une opération militaire pour décourager les trafiquants. Sauf que le secrétaire général de l'ONU a répondu hier "qu'il n'y avait pas de solution militaire", il préfère "une approche globale qui prenne en compte les racines du problème", il plaide aussi pour "des canaux légaux et réguliers d'immigration". Prendre les problèmes à la racine, c'est également ce que prône l'ONG One France qui lutte contre l'extrême pauvreté en Afrique surtout. Certes des mesures d'urgence sont nécessaires pour sauver des vies mais ce sont aussi les mesures de long terme qu'il faut renforcer estime la directrice de l'ONG Friederike Röder. Et sur ce point il y a bel et bien un paradoxe au niveau mondial : si l'aide publique au développement a atteint un niveau record, de moins en moins d'aide est fléchée vers les pays les plus pauvres ! Le cas de la France est même pire explique Friederike Röder : le budget alloué à l'aide publique au développement a baissé de 10% l'an dernier et la France consacre moins d'un quart des 8 milliards de ce budget (qui concerne aussi bien le Togo que la Chine!) aux pays les plus pauvres. Et pourtant la France a une responsabilité, elle est le pays le plus influent, le plus présent en Afrique assène Friederike Röder qui dénonce le manque de volonté politique : la France semble nier sa responsabilité dit-elle, depuis que François Hollande est au pouvoir le budget de l'aide publique au développement a baissé de 20%. Et la directrice de l'ONG s'inquiète du calendrier diplomatique ; à quelques mois de la conférence d'Addis Abeba pour le financement du développement et de la conférence Climat de Paris, la France doit retrouver sa crédibilité, la France qui savait être rebelle dit-elle et entraîné d'autres pays à prendre leurs responsabilités !

Les territoires en lutte pour créer des emplois. C'est une initiative d'ATD Quart-Monde qui expérimente depuis six mois maintenant le projet "Territoires zéro chômeur de longue durée". Ces chômeurs sont les plus éloignés de l'emploi, les plus nombreux également et ATD leur propose un CDI adapté à leurs compétences et sans surcoût pour la collectivité. Car un chômeur de longue durée coûte de toute façon 15 000 euros par an, une somme qui financerait en partie la création d'emplois délaissés faute de rentabilité. Elus, citoyens, chefs d'entreprises se mobilisent, ils manifesteront cette après-midi en direction de l'Assemblée pour obtenir une loi d'expérimentation.

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