C'était sûrement le meilleur moment pour annoncer une mauvaise nouvelle. Hasard du calendrier, c'est vendredi dernier, quelques heures avant le réveillon de Noël, et donc, au moment des derniers préparatifs du repas et des achats de toute dernière minute, dans la cohue et le stress, qu'ont été publiées les chiffres du chômage calculés par Pôle Emploi. Si comme beaucoup, cette info vous a échappé. Précisément parce que vous étiez occupés à autre chose. Que le lendemain, le jour de Noël, vous n'avez pas écouté la radio, ni acheté un journal, je vous la redonne: ces chiffres sont mauvais. En novembre, le nombre de demandeurs d'emplois, en France, est très nettement reparti à la hausse. Une augmentation de 0,8%, dans la catégorie officielle. La catégorie A, celle qui regroupe les demandeurs d'emplois immédiatement disponibles. Et en incluant, les personnes qui ont une activité réduite (courte ou longue), on passe la barre symbolique des 4 millions d'inscrits à Pôle Emploi. 4,2 millions même, avec les départements d'outre-mer. L'une des explications avancée, c'est le tarissement des emplois aidés, en cette fin d'année. En 2010, il y en a eu beaucoup (plus de 500 mille contrats d'insertion publics ou privés), mais depuis la rentrée, pour des questions budgétaires, le gouvernement a fermé le robinet. Et le paie, sans doute, aujourd'hui, dans ces mauvais chiffres du mois de novembre. Des mauvais chiffres qui effacent, en fait, totalement l'embellie du mois d'octobre. Et qui viennent rappeler, assez cruellement, qu'en matière de lutte contre le chômage, il ne faut jamais se réjouir trop vite. C'est ce qu'a dû se dire Xavier Bertrand, pendant son week-end de Noël. Se rappelant, peut-être, cette interview accordée, début décembre, au Journal du dimanche. C'était quelques jours après son retour au Ministère du Travail. Xavier Bertrand avait parlé, après la publication, donc, de bons chiffres pour le mois d'octobre, d'un "retournement de tendance". Qu'il était, désormais, chargé "d'accentuer". Les chiffres de novembre sont, donc, venus démentir ses propos. Le ministre, cette fois-ci dans un communiqué plus discret et publié, donc, le 24 décembre, a trouvé la parade. Pour lui, c'est le 2ème semestre de l'année qu'il faut regarder dans son ensemble, pour apprécier le "retournement de tendance" annoncé. Il a permis, explique le ministre, "malgré une reprise économique encore fragile, de stabiliser le nombre de demandeurs d'emplois". C'est vrai. Mais uniquement pour la catégorie officielle. En élargissant aux 3 autres catégories, on retrouve, à nouveau, un chômage en progression sur les 6 derniers mois! Disparu,0 le retournement de tendance... Noël, décidément, ne peut pas tout. Des "bonus écolo", moins généreux en 2011. C'est confirmé. Publiées hier au Journal officiel, les nouvelles règles d'attribution du bonus écologique, lors de l'achat d'un véhicule neuf. Comme annoncé il y a quelques semaines, elles sont sérieusement durcies pour les voitures à essence. Mais également pour les voitures hybrides. Pour les véhicules roulant au GPL, le gouvernement -avec 2 ans d'avance sur le calendrier prévu- met carrément fin au bonus de 2 mille euros qui était accordé jusqu'ici. Seule, finalement, la voiture électrique évite le coup de rabot: son "superbonus" de 5 mille euros est maintenu. Alors comme pour la fin de la prime à la casse, ces mesures entreront en vigueur au 1er janvier. Il reste, donc, 5 jours pour profiter de conditions plus favorables à l'achat.

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